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Nino, Casoli, été 89
Datte: 21/05/2026, Catégories: hh, vacances, Auteur: lelivredejeremie, Source: Revebebe
... toute modestie, bien meilleur. Il s’était assis sur mon siège de bureau, constellant sa lecture de si, certo, logica, è vero… Pour m’assurer au final que mon texte, que je pensais faible et un peu ennuyeux, avait peut-être un fond d’intérêt… — Vous le pensez sincèrement ? Il a jeté un regard sur le préservatif noué qui gisait sur la moquette, puis l’a porté sur moi, par-dessus ses demi-lunes et a lâché. — J’autorise ceux qui prennent meilleur soin de ma prostate que mon urologue à me tutoyer… Mais oui, je le pense, si j’ai pu mentir dans le plaisir – qui ne l’a pas fait ? – je suis très sérieux dans le travail. Gianluca s’ennuyait vite, et surtout, il était très fier, du moins assez pour réaliser que la fougue de ma jeunesse, qu’il soupçonnait à juste titre simulée, serait mieux utilisée à écrire. Notre relation a pris une autre forme, et d’autres couleurs. Lors d’un gala, l’abus de bulles lui a fait m’avouer que j’étais le… euh… le poulain le plus prometteur de son écurie. Et je dois à la vérité d’admettre que sans lui, je n’aurais jamais acquis la relative notoriété, et les chiffres de ventes, que j’ai atteints, depuis. Trois années frénétiques ont passé, entre l’écriture, les soirées à thématique plus ou moins littéraire, où Gianluca m’amenait, et surtout me ramenait à une heure décente pour s’assurer que je sois dispo pour travailler dès l’aurore. Deux romans, quatre mecs. « Une Page Blanche » racontait l’histoire d’un jeune homme qui remontait le ...
... temps jusqu’à son entrée à la fac, et pouvait ainsi revivre, idéalement en mieux, deux ans et demi de vie, en essayant d’éviter certaines erreurs, dont quelques-unes vécues, comme la rencontre à Nantes et les deux mois aussi passionnés que destructeurs avec Tristan, devenu Tatiana dans le roman, par souci de correction sociale. Un succès inattendu, même pour mon éditeur, et qui m’avait valu une série d’interviews aux questions souvent plus dirigées sur ma vie privée que sur le livre… — Tu es un beau garçon, tu… Enfin, c’est surtout que je t’habille bien, m’avait expliqué Gianluca, à fond dans son rôle de Pygmalion. Puis, tu es doué, et tu joues bien du personnage de ta copine inventée, ou plutôt… adaptée de ce Tristan, dont tu dois d’ailleurs un jour me parler plus longuement. — Tu me prendrais en pitié, ou tu mépriserais ma faiblesse, je ne veux pas de cela. — Soit, à chacun ses secrets, peu importe au final, cela ajoute à l’image de mystère et d’inaccessibilité que tu donnes. Si le premier en est maintenant à sa sixième réédition, pour deux cent soixante mille exemplaires à ce jour, le second a atteint ce nombre dès la première impression. « Regarde, sans les mains ! » était une histoire de meurtre, légèrement plus trash, en ce qu’il racontait, en mode forcément implicite, le quotidien d’un acteur porno, toujours rigoureusement hétéro, bien sûr, mais qui succombait un soir au charme d’un assistant de prod’, qu’il tuait pour protéger sa réputation très relative. ...