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Homo naledi
Datte: 17/05/2026, Catégories: fh, ff, couleurs, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
... jouaient au chat et à la souris avec d’éventuels voyeurs. Ils font l’amour en silence désormais alors qu’ils oralisaient crûment leurs désirs impérieux par un vocabulaire amoureux et tendre, ou sexuellement précis et résolument paillard, sans aucune autre volonté que fouetter leur excitation commune. Saveria a bien essayé, comme elle l’avait fait au début de leur relation pour vaincre la timidité de son compagnon, par s’autogratifier de phrases aussi peu bienséantes que « je suis une salope intégrale… une putain insatiable… une croqueuse de queues » et bien d’autres termes salaces. Si ces provocations avaient alors parfaitement fonctionné et libéré son partenaire, ses tentatives désormais ne trouvaient plus d’écho. Leurs ébats étaient devenus conventionnels, leurs caresses trop prudentes et timorées, leurs silences réfrigérants. Sans parler des réactions maladroites, des excuses ennuyées murmurées, comme lorsque la main de Kabanga venue caresser le crâne rasé de sa femme, se retire précipitamment, ou que la bouche de Saveria, oubliant la fragilité douloureuse du téton meurtri de son homme le manipule trop fort. Ces excuses penaudes éteignaient le désir, provoquant des pannes embarrassantes, chez l’un comme chez l’autre. La situation s’améliore certes lentement, mais le couple est loin encore d’avoir retrouvé l’enthousiasme débridé de leurs relations premières. Logés par l’université, les époux ont été très bien accueillis par leurs voisins. Particulièrement par Gudmar et ...
... Kirsten, suédois bon teint. Dès les premiers congés universitaires, Kirsten, binôme de Saveria au département recherche de l’université, les invite dans la stuga en bois rouge de Falun4, de ses grands-parents. La maison de campagne rudimentaire ne comportant qu’une seule pièce, Saveria et Kabanga réalisent immédiatement l’évidente promiscuité du chalet. Une table ronde, cinq chaises, une plaque de cuisson, un évier et un mini-frigo. Pas de salle de bains mais explique Kirsten, « une douche solaire en plein air et des toilettes sèches, dehors elles aussi dans la guérite attenante à la stuga ». Et s’il y a bien deux lits de 140 dans la pièce, ils sont côte à côte sans qu’aucune autre disposition ne soit possible ! Si Saveria sourit, son mari, lui, pâlit ! À peine sont-ils arrivés que Gudmar disparaît un moment. — Quinze petites minutes et le sauna sera chaud, affirme-t-il en revenant. Sauna ? Kabanga jette un regard affolé à sa femme. Il sait parfaitement que la nudité totale y est la règle. Or, depuis lacérémonie, jamais Kabanga n’a exposé son torse en public, se baignant en t-shirt ou marcel. Alors, si exposer son sexe l’intimide évidemment, dévoiler les terribles cicatrices des odieuses scarifications lui est bien plus douloureux encore. L’idée de devoir en expliquer leur origine, ce qui ne manquera d’arriver, est pour lui un crève-cœur mais il se convainc déjà qu’il tentera d’omettre ou de minimiser la triste aventure de sa compagne. Tentera, car la chose n’est pas ...