1. Homo naledi


    Datte: 17/05/2026, Catégories: fh, ff, couleurs, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe

    ... certes un air un peu sévère, un nez fin et rectiligne, un menton volontaire sous une bouche plutôt fine et bien dessinée. Un visage harmonieux dans l’ensemble mais sans traits remarquables, à part ses yeux bleu clair encadrés par des cils soyeux, et dont le regard altier attire forcément l’attention. Plutôt grande et fine, Saveria se désole cependant de sa poitrine, ferme certes, mais menue, trop menue en tout cas pour lui offrir la possibilité d’afficher des décolletés ravageurs. Ses meilleurs atouts, elle le sait, sont sa taille de guêpe et ses jambes, longues et fines aux cuisses fuselées.
    
    Si pendant longtemps, sans doute emportée par l’enthousiasme des fouilles archéologiques, elle s’est peu souciée de rechercher une quelconque liaison amoureuse et ne s’est montrée que dans des tenues informes et disgracieuses, depuis quelque temps, la jeune femme s’est métamorphosée. Elle a troqué ses salopettes en jeans pour des petites robes, que beaucoup considéreraient banales et fort simples si elles n’étaient formidablement courtes. Idéale donc pour mettre en avant son principal atout : ses gambettes !
    
    Kabanga ! C’est lui, et lui seul, qui est à l’origine de ce changement ! Un étudiant en informatique du campus qui passe bien souvent ses nuits, dans la salle d’étude de la bibliothèque. Plongé dans la rédaction de sa thèse de doctorat sur l’intelligence artificielle, le jeune homme travaille sans relâche, silencieux et discret, au point d’être devenu presque invisible dans ...
    ... l’environnement. Pas invisible pour tous néanmoins, Saveria l’a repéré !
    
    Ces dernières semaines, elle a appris à le connaître, apprécié sa discrétion, sa simplicité et son extrême politesse. Jamais impatient, toujours souriant, ce jeune homme possède bien des atouts pour séduire une femme. Belle carrure, beau gosse, un sourire d’une blancheur époustouflante, une belle chevelure noir de jais et surtout des yeux noirs dans lesquels elle adorerait se perdre. De toute évidence, elle ne lui est pas indifférente, elle a remarqué ses coups d’œil discrets vers ses jambes. Elle a appris par une collègue qu’il s’est renseigné sur ses horaires de présence et qu’il patiente parfois longtemps pour pouvoir lui adresser ses requêtes au comptoir. Une fois ou l’autre, il lui a fait des compliments sur sa tenue ou la fraîcheur de son teint. Compliments timides, presque murmurés. Car c’est bien là le problème, Kabanga est timide, affreusement timide. Timide, et fier comme le sont les hommes de son ethnie. Les Luba-Kasaï sont un peuple fier, des hommes grands et filiformes pour la plupart, plutôt pacifique tant qu’on leur garde respect. Kabanga est un solitaire : pas par choix car si l’apartheid a été aboli, certaines formes de racisme perdurent. Dans les townships de Pretoria ou du Cap, les populations regardent de haut les « sauvages » du nord du pays, les considèrent comme inférieurs et non civilisés. Sur le campus, Kabanga, comme d’autres de ses congénères, est pour le moins victime d’un ...
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