1. Homo naledi


    Datte: 17/05/2026, Catégories: fh, ff, couleurs, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe

    La bibliothèque de l’Université du Witwatersrand près de Johannesburg ne déroge pas à la règle de ce genre de lieux : l’ambiance y est calme et studieuse. Fréquentée bien évidemment par les étudiants, professeurs, doctorants et chercheurs, c’est un lieu calme, propice à l’étude des milliers de livres et documents des réserves. La salle de lecture, avec ses grandes tables inclinées, ses lampes de lecture et ses antiques sièges en bois et cuir sur roulettes, permet de travailler confortablement. Au bout de cette salle d’étude, le comptoir d’accueil permet aux visiteurs de déposer leurs demandes d’ouvrages, lesquels sont soigneusement rangés dans des kilomètres linéaires de rayonnages. Grâce à l’informatisation, repérer les livres demandés est un jeu d’enfant et une seule personne suffit généralement à gérer les lieux et à satisfaire les demandes. Mais compte tenu de l’ouverture en continu 18 heures sur 24 et 7 jours sur 7, la responsable des lieux est épaulée par toute une équipe d’étudiantes et étudiants qui se relayent au comptoir, chacun effectuant un petit quart-temps qui lui procure un revenu symbolique mais évidemment très apprécié.
    
    Dans cette équipe, Saveria Mendesi, jeune anthropologue brésilienne, détone assez largement des autres étudiants. À 27 ans, elle est la plus âgée des bibliothécaires et sans nul doute largement surqualifiée pour cet emploi. Titulaire, entre autres, d’un doctorat en anthropologie sociale, elle est également une des assistances directes de ...
    ... Lee Rogers Berger, le très médiatique découvreur en 2010 de l’Australopithecus sediba. Saveria conduisait celles qui en 2013 sont descendues, véritablesspidergirls, dans les grottes deRising Star pour mettre à jour les ossements de l’Homo naledi11. Sa participation à ces recherches et le courage qu’elle et ses comparses ont fait preuve pour oser s’enfoncer et ramper dans les boyaux exigus du sous-sol, l’ont auréolée d’un prestige immense sur le campus. Aujourd’hui, toujours dans l’équipe de Berger, elle passe ses journées à meuler, gratter, user des roches remontées de la fameuse grotte pour dégager des petits bouts d’ossements. Avec sa notoriété, ses diplômes et ses compétences, Saveria est sollicitée par des nombreux instituts ou équipes de chercheurs à travers le monde, mais la jeune femme préfère rester encore à Johannesburg, du moins tant que toute la lumière2 n’aura pas été faite surHomo naledi. Elle considère son petit emploi complémentaire à la bibliothèque comme une parenthèse apaisante après de longues journées passées à extirper des ossements de leurs gangues rocheuses. Passablement insomniaque, elle assure le service quasiment tous les soirs.
    
    Une tête bien pleine sur un corps bien fait. Saveria n’est certes pas une beauté fatale, un top-modèle, mais elle dispose néanmoins de quelques beaux atouts : une chevelure très brune qu’elle rassemble habituellement en simple queue de cheval, des sourcils joliment arqués mais sans doute un peu trop épais qui lui confèrent ...
«1234...18»