-
Homo naledi
Datte: 17/05/2026, Catégories: fh, ff, couleurs, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
... à reculons. Ce ne peut être que Kabanga réalise la jeune femme qui ne peut cependant le reconnaître tout à fait : l’homme est nu et recouvert d’un enduit blanc de la tête aux pieds. «Tristement cohérent, pense Saveria, effondrée. Moi noire, lui transformé en nègre blanc3 ! » Les pensées se bousculent dans la tête :« Au moins, on ne peut pas les taxer d’hypocrisie ces sauvages-là ! Leur position est finalement plus claire que l’ostracisme rampant des Afrikaners, que le racisme méprisant des noirs de Soweto et autres townships à l’encontre des pygmées, zoulous, tsonga et autres san par exemple. » Au-delà de la honte d’être exposée nue et avilie, Saveria est écœurée, définitivement dégoûtée mais finalement indifférente désormais à tout ce qui pourrait advenir désormais. Du moins le croit-elle. Mais lorsque sur un ordre de Matutu, les gardes font pivoter Kabanga, la pauvre jeune femme s’effondre à genoux : son chéri est certes blanc de la tête aux pieds, mais rouge sang sur la poitrine et son ventre, rouge du sang qui coule de profondes scarifications pratiquées sur son torse. Saveria vomit, elle est secouée de spasmes convulsifs. En face d’elle, Kabanga qui découvre l’état de sa chérie rugit : s’il était chancelant l’instant d’avant, l’adrénaline qui se déverse maintenant à flots dans son corps lui donne une force dévastatrice. Un de ses gardes tombe au sol, frappé par un énorme coup de genou dans les parties. Kabanga saisit l’autre par le bras, le fait tournoyer ...
... comme un fétu de paille avant de le lâcher, le projetant sur son père qui bascule à la renverse sous le choc. Se ruant vers Saveria, il envoie valser sans ménagement les mégères qui tentent de s’interposer. Il fait le vide autour de sa chérie et se pose en rempart invincible. Invincible ? Si enragé qu’il soit, que quelques hommes seulement viennent se battre contre lui, pointent leurs lances, il ne pourra résister bien longtemps. Kabanga entend les ordres éructés par son père et s’attend au pire. Mais d’autres cris résonnent, des ordres hurlés par sa mère et d’autres femmes. Des hommes, des femmes, des enfants accourent alors vers les amoureux. Non pour les molester, mais pour former une enceinte protectrice autour d’eux. Et lorsqu’un des gardes se relève et s’élance vers eux, l’homme est proprement assommé avant d’avoir fait trois pas. La communauté tout entière gronde, les villageois vocifèrent contre leur chef. Leurs cris montent crescendo, une foule menaçante s’avance vers Matutu. Une femme se détache et se précipite sur lui : c’est la mère de Kabanga qui, révulsée par cette épouvantable et dégradante mise en scène, s’en vient gifler à toute volée son mari, grand ordonnateur de cette sinistre comédie. D’énormes claques qui abasourdissent le monstre ! Le geste sidère tout le monde, un silence se fait un instant avant que les villageois ne se ruent vers le chef de tribu qui n’a d’autre solution que de fuir vers la savane avec une toute petite troupe de ses fidèles. ...