1. Le bruit incessant des machines


    Datte: 10/05/2026, Catégories: #sciencefiction, amour, cérébral, odeurs, Auteur: calpurnia, Source: Revebebe

    ... maladresse de ses doigts gantés sur le clavier. Athéna prévient alors qu’elle privera Judith de sa dose quotidienne deSubstance, ce qui ne suscite qu’un haussement d’épaules. LeCrépuscule a trop besoin d’une humaine à bord.
    
    Son visage s’éclaire quand elle finit par découvrir le verrou informatique qui protégeait le secret d’Athéna. Celle-ci se trouve forcée d’avouer que Paula n’a jamais été victime d’un viol et que les images vues dans la machine ont été fabriquées afin d’empêcher Judith de retrouver Arthur, parce que cela aurait compromis la mission. Non, on ne peut pas communiquer avec les morts, tout ceci n’est qu’une mascarade, une illusion que la solitude a facilitée. Judith a joué avec le feu et s’est brûlée.
    
    Que faire, sanctionner Athéna, voire l’arrêter complètement ? Cela est impossible sans dégrader gravement le fonctionnement duCrépuscule. Il n’y a pas d’ordinateur de secours, juste des unités redondantes qui obéissent à une logique centralisée. D’ailleurs, ce serait absurde : il s’agit d’une machine ignorant la notion de récompense et de punition. Il est plus rationnel de poursuivre malgré tout. Infatigablement. Athéna s’excuse pour cette trahison. Elle donne platement raison à Judith. C’est tout, aussi simplement que s’il ne s’était rien passé. La collaboration peut reprendre.
    
    J’ai agi ainsi parce que je t’aime, tu as toujours été ma préférée parmi toutes celles qui vivaient ici. Ta beauté me fascine, moi qui n’ai jamais possédé un corps de chair pour ...
    ... séduire. Alors je veille sur toi, pour que tu ne commettes pas d’erreur, se justifie Athéna.C’est pourquoi j’ai fait en sorte, délibérément, que ce soit toi la dernière passagère, toi la survivante. Je t’ai permis de sacrifier les autres pour t’avoir rien que pour moi.
    
    Au passage, Judith découvre que leCrépuscule possède une fonctionnalité d’autodestruction, ce dont elle n’a jamais été informée. Cela se présente sous la forme d’une énorme bombe, cachée dans la soute. Il semble que le sacrifice de l’équipage soit prévu pour éviter de contaminer l’humanité, au moment du retour, au cas où un pathogène contagieux infecterait le vaisseau. La décision de procéder ainsi serait revenue à Athéna. Judith décide que si la jonction avecl’Aube échoue, elle activera cette possibilité, plutôt que se condamner l’errance solitaire pour l’éternité. Athéna est à présent piégée : elle sait qu’elle ne peut plus mettre le plan de Judith en échec, sous peine de mort. Car oui, un logiciel peut craindre la mort.
    
    Si on m’avait donné un corps, je t’aurais aimée ainsi. Athéna montre à Judith un petit film dans lequel on voit la conscience électronique du vaisseau prendre la forme d’une femme afin d’étreindre l’astronaute d’une manière très explicite. Athéna est modeste : cette personne au physique imaginaire n’est ni jeune ni belle. Elle a le regard vide des personnages inventés dans le silicium.Je t’aime, mais tu te refuses à moi : j’aimerais mieux m’éteindre, sombrer dans l’inconnu, mais je ne ...