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Clara dans la tempête
Datte: 09/05/2026, Catégories: #psychologie, #drame, #érotisme, #volupté, #consolation, #confession, #occasion, #lieudeloisir, fh, inconnu, fépilée, froid, Auteur: charly1970, Source: Revebebe
... d’extrême lassitude sur son sein gauche, à l’emplacement du cœur. Un peu déstabilisé par la réponse, je la relève prudemment et l’assois sur le rebord du lit. D’abord, lui nettoyer le visage, vérifier que toutes ses griffures sont superficielles et allumer le poêle. Le froid commence sournoisement à nous tomber dessus. La respiration de cette invitée inattendue se calme un peu. J’en profite et sors à toute berzingue, cherche de l’eau à la source, ramasse au passage quelques branchages et de la paille sèche sous la terrasse, rentre de nouveau avec tout mon bric-à-brac. L’ambiance devrait être moins inquiétante. Le feu démarre et la chaleur se répand dans la pièce comme une onde bienfaitrice. La bouilloire posée sur la fonte commence à frémir. J’en profite pour débarbouiller le joli minois qui me fait face avec un bout de linge trempé dans l’eau tiède. — Comment tu t’appelles ? — Clara. — Moi, c’est Pierre. — Je suis désolée, Pierre, tellement désolée. Le poêle crépite, le silence se fait épais. Dehors, le vent redouble de force, une tempête de neige s’annonce. Minute après minute, le temps s’écoule sans qu’on ne parle. Je me décide à briser la glace. — Clara… Je crois qu’on est bloqué en montagne. Au moins jusqu’au petit matin. — Pierre, j’ai honte. Je viens de nulle part. Je squatte l’endroit sans même te connaître. — Pas grave. Ça arrive. On ne contrôle pas tout. Qu’est-ce qui t’est arrivé ? — J’ai mal. Mon compagnon de cordée vient de se tuer en ...
... montagne. Un roc s’est décroché, l’a emporté dans le vide. Je m’en veux. Je m’en veux tellement de ne pas l’avoir accompagné. Sa main agrippe la roche, un énorme bloc de granit se détache, il essaie de se rattraper. Peine perdue. Tout bascule. L’adrénaline, la peur dans ses yeux. Puis le bruit mat de son corps qui tape le sol au pied de la paroi. Je me refais le film sans arrêt avec ce bruit mat qui revient en boucle dans mes oreilles. — Et… ? — Et, un grand vide dans ma tête, j’arrive plus à penser, je fuis tous les gros cons qui, pour me consoler, répètent à l’envi, il l’avait bien cherché, il prenait trop de risque. C’est plus simple pour eux, ça les rassure, mais il n’y a pas d’explication. Quand il partait sur une voie, il calculait tout, prenait en compte tous les dangers objectifs. C’est la montagne. Parfois imprévisible et sans logique. J’ai obéi alors à un besoin vital. Je me suis mise à courir, courir pour échapper à ces gros cons, à ma propre peur, courir pour oublier, m’épuiser, m’effondrer, ivre de fatigue. Les ronces et les branches qui frappaient mon visage étaient comme une rédemption. L’embâcle du torrent vient de céder. Son flot de paroles dévale la pente, pareil aux eaux rugissantes d’une rivière en crue. Je l’interromps. — Tu veux un thé ? Pas de réponse. Ma question reste en suspens dans l’air. Persuadé que la chaleur du thé agira comme un baume sur sa douleur, je m’affaire quand même. À travers les volutes du thé brûlant, je prends le temps de ...