-
Clara dans la tempête
Datte: 09/05/2026, Catégories: #psychologie, #drame, #érotisme, #volupté, #consolation, #confession, #occasion, #lieudeloisir, fh, inconnu, fépilée, froid, Auteur: charly1970, Source: Revebebe
Je m’enfonce dans la neige qui crisse sous mon poids. Mon regard porte à l’aplomb de mes pieds, rendant l’effort de la marche plus mécanique, moins pénible. Dans cette ambiance hivernale, j’ai l’impression de me mobiliser dans une bulle ouatée où les bruits sont tous amortis. Mon univers se réduit à quelques dizaines de centimètres. Seul le souffle de ma respiration m’accompagne. J’observe machinalement les traces qui défilent devant moi tout au long de la montée. Les pattes d’un oiseau, probablement un merle, laissent dans la neige de petits triangles gracieux ; plus loin, ce sont les sabots d’un chevreuil qui prolongent ma rêverie. Le renard est aussi passé par là. Son cheminement est plus bondissant et fureteur. Il va de droite à gauche, semblant attentif à toute opportunité pour débusquer et grappiller quelques denrées. Ce tableau mouvant, au rythme de la marche, tend à engourdir mon esprit. J’ai du mal à fixer mes pensées qui s’évanouissent et se déplacent à la façon des bancs de brume présents dans ces hautes prairies. Les empreintes se superposent. Je me concentre pour repérer le dernier passant sur cette autoroute animalière qui se révèle très fréquentée. À mon grand étonnement, des traces de pas surgissent sur la sente. Elles viennent de l’épaisse forêt en contrebas. Toutes fraîches, elles suivent maintenant le même chemin que moi. Les marques légères laissées dans la neige me font penser à celles d’un ado ou d’une jeune femme. Elles s’arrêtent brutalement en de ...
... nombreux piétinements pour reprendre plus loin à un rythme ralenti. Dans la nuit tombante, je crois discerner les ronds diffus de plusieurs gouttes de sang, puis plus rien. Ce visiteur ou cette visiteuse semble en tout cas se diriger involontairement vers ma cabane en bois qui apparaît dans la clairière juste devant moi. Il était temps que j’arrive. La nuit enveloppe tout l’espace autour de moi d’une obscurité compacte. Le silence soudain se fige et se fissure. Un gémissement qui ne cesse de monter dans les aigus me glace le sang. Il provient de la salle de la cabane qui reste toujours ouverte au cas où des promeneurs se seraient fait prendre par le mauvais temps. J’accélère, me mets à courir et déboule comme un fou. Dans le noir profond de la pièce, des pleurs étouffés se font entendre. Une fraction de seconde, je ne peux m’empêcher de penser que ce week-end de zénitude tourne au vinaigre. D’un regard rapide, je balaie l’endroit et découvre dans un coin une forme recroquevillée qui n’a de cesse de hoqueter. Ouvrir le tiroir de la table, prendre la boîte d’allumettes, une bougie, craquer l’allumette. On y verra plus clair. Deux yeux me regardent avec une infinie tristesse. Pas le temps de m’apitoyer, allons au plus pressé, je me penche vers cet amas de vêtements roulé en boule et demande où ça fait mal. Son visage est parsemé d’estafilades où le sang coule lentement et commence à sécher. Contre toute attente, la jeune femme que j’ai devant moi pose sa main dans un geste ...