1. Ksénia mon amour


    Datte: 09/05/2026, Catégories: #policier, #nostalgie, fh, vacances, amour, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe

    ... maintenant ? L’Est et l’Ouest s’étaient réconciliés, elle devait fuir comme une bête traquée. Sera-t-elle plus en sécurité à New York ?
    
    Ksénia me regarda de façon étrange, je crus un moment qu’elle allait pleurer, se lever et partir. Mais soudain, sur son visage apparut cette douceur qui m’avait attiré la première fois que je l’avais vu. Ses yeux brillaient comme ceux d’une enfant, ce n’était plus la femme sûre d’elle-même. Accentuant la pression de sa main sur la mienne, elle me dit de façon innocente :
    
    — Tu tenais tellement à moi ?
    — Je t’aimais Ksénia. Je t’aimais.
    — Et maintenant ? En ce moment ? Tu m’aimes encore ?
    
    Que pouvais-je répondre ? Mon regard était suffisamment éloquent. Elle me demanda timidement « embrasse-moi », en se penchant vers moi. Je n’ai pas évité ses lèvres. Sa poitrine contre mon bras, je l’ai enlacée dans un long baiser, pas du bout des lèvres, un baiser profond, espoir d’une nuit torride. Je posais ma main sur sa cuisse, elle ne l’a pas repoussée.
    
    Elle me fixa de ses grands yeux bleus :
    
    — Viens, me dit-elle de sa voix suave, en me prenant par la main.
    
    J’étais envoûté. J’ai fermé les yeux.
    
    En une fraction de seconde, j’ai revu le cadre posé sur mon bureau, et le banc vide sur le quai de la gare. Ce fut le déclic. Que faisais-je là avec mon amour de jeunesse ? Je l’avais aimée, comme un fou, j’avais souffert à cause d’elle. Mais c’était le passé, maintenant, ma vie était ailleurs, avec Muriel.
    
    Le charme était rompu.
    
    En la ...
    ... regardant, j’ai fait non de la tête. C’est moi qui me suis levé. Ksénia a compris, une larme coulait sur sa joue. Déposant une bise sur ses lèvres, je lui ai murmuré à voix basse :
    
    — Fais attention à toi, adieu… Sois heureuse.
    
    Et je partis sans me retourner. Je fuyais, je me fuyais.
    
    La tête en ébullition, j’étais un peu perdu. Avais-je eu raison ? Déjà, je regrettais. Muriel n’aurait jamais rien su.
    
    Je repensais à ce que Ksénia m’avait dit, ses mots tournaient et retournaient dans ma tête. Quelle histoire rocambolesque ! J’avais du mal à la croire, mais je n’arrivais pas à penser qu’elle ait pu tout inventer.
    
    Sur notre palier, en sortant de l’ascenseur, une bonne odeur de cuisine me chatouilla les narines. Muriel avait mangé seule, elle s’était assoupie sur le canapé en m’attendant. À moitié endormie, elle m’accueillit avec un large sourire. Comment avais-je pu l’oublier le temps d’un repas, le temps d’un baiser ? Je la pris dans les bras, et l’embrassais amoureusement.
    
    Me sentais-je coupable ? Un peu. J’avais pourtant évité la plus grande connerie de ma vie. En faisant l’amour ce soir-là, je me jurais que jamais, plus jamais…
    
    Dès le lendemain, j’appelais Ksénia au téléphone pour m’excuser d’être parti si vite. J’étais heureux d’entendre sa voix, elle aussi, je crois, je la sentais sourire. Elle avait compris et ne m’en voulait pas. On ne parla ni de Michel ni de ses activités passées.
    
    — J’espérais, sans trop y croire, que tu viendrais à New York avec ...
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