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Ksénia mon amour
Datte: 09/05/2026, Catégories: #policier, #nostalgie, fh, vacances, amour, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe
... des vacances en bord de mer, trois semaines à faire la fête. Je ne les connaissais pas tous, mais très vite l’ambiance aidant, nous avions l’impression d’être de vieux amis. C’est ainsi que nous avons fait la connaissance de Michel, célibataire endurci, beau mec un peu hâbleur. Michel travaillait dans la finance. Très sûr de lui, il voulait épater tout le monde, en se faisant appeler Michael qu’il prononçait à l’américaine, habitude qu’il perdait quand il avait trop bu. Le genre de mec que je n’aime pas beaucoup, dont il faut se méfier. Notre petit groupe se retrouvait à la plage, au restaurant, en boîte de nuit, mené par Michel qui décidait, nous suivions sans discuter. Beaucoup profitaient de ses largesses, il était plein aux as, son argent était sa supériorité, il en jouait pour se faire admirer, pas seulement des filles, il voulait aussi briller aux yeux des hommes. Il prit vite l’habitude de régler les additions plus qu’à son tour. On laissait faire. Heureusement d’ailleurs, car dans les restaurants qu’il choisissait, la note était salée, en boîte, on ne comptait plus le nombre de bouteilles. Nous étions arrivés depuis quelques jours, il a suffi d’un regard échangé pendant l’apéritif, j’ai su que j’allais perdre Ksénia. Michel n’a jamais rien fait, pas un geste déplacé, pas un mot qui aurait pu faire croire qu’il draguait, ni un petit flirt en dansant en boîte, rien, mais je sentais les ondes qui passaient entre eux. Les trois semaines de vacances ont ...
... vite passé. Il a fallu se séparer, chacun retrouvant sa vie d’avant. En arrivant à Paris, nous eûmes la désagréable surprise de voir que mon appartement avait été visité, la serrure de la porte arrachée, les meubles sens dessus dessous. Mes visiteurs avaient plus cassé que volé. Ils avaient emmené ma chaîne Hi-fi, mon caméscope VHS et mon poste de télévision. Enfin, tout ce qui était négociable sur les trottoirs de Barbès ou aux Puces. Ce vol, intrusion dans notre vie privée, fit peur à Ksénia. Il m’a fallu la persuader que ce genre de mésaventure pouvait arriver à n’importe qui. Elle n’en fut pas tranquillisée pour autant : — Et si nous avions été là ? me dit-elle, encore effrayée en voyant l’état de notre salon. — Ils ne seraient pas venus. Les voleurs visent les appartements vides pendant les vacances, lui dis-je, flegmatique, espérant la tranquilliser. Je suis allé au commissariat porter plainte, je savais qu’aucune recherche ne serait menée, mais c’était indispensable pour faire jouer l’assurance. Pour la rassurer, je laissais Ksénia en dehors de toute cette paperasserie, et remis mon appartement en état le plus rapidement possible. La vie reprit son cours, métro, boulot, dodo. Enfin, je l’espérais, c’était sans compter sur Michel, toujours noceur. La plupart d’entre nous habitaient la région parisienne, nous nous sommes donc revus, histoire de prolonger les vacances. En nous retrouvant devant le restaurant que Michel avait choisi, il saisit Ksénia par les ...