1. Ksénia mon amour


    Datte: 09/05/2026, Catégories: #policier, #nostalgie, fh, vacances, amour, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe

    ... boire le verre qu’elle venait de me proposer, mais avec la promesse de se revoir un soir pour dîner ensemble.
    
    J’étais sur un nuage en regagnant le pavillon de banlieue où m’attendait Muriel. J’allais retrouver notre vie qui d’un coup me parut bien fade, sans attrait. Je ne lui ai rien dit. Me sentant coupable, en passant devant la petite boutique de fleurs au coin de notre rue, j’avais acheté un bouquet, des pivoines, ses fleurs préférées.
    
    Ce soir-là, en lui faisant l’amour, c’est à Ksénia que je pensais.
    
    — --oOo---
    
    Deux jours plus tard, nous devions nous retrouver au restaurant de son hôtel. J’avais compris ce que cela signifiait pour elle, j’étais d’accord. Sans être très fier, pour la première fois, j’ai menti à Muriel, prétextant un dîner avec des clients importants.
    
    Toute la journée, au bureau, impossible de me concentrer. Je pensais sans cesse à Ksénia, à la soirée que nous allions passer ensemble, peut-être une partie de la nuit. Je l’imaginais dans mes bras, retrouvant ses lèvres, la douceur de sa peau, de ses seins, ses caresses, sa tendresse, je revivais nos jours heureux. C’était certain, elle était venue à Paris pour une dernière nuit avec moi. J’en rêvais depuis qu’elle m’avait quitté.
    
    Perdu dans mes pensées, mon regard s’arrêta sur le cadre que j’avais posé sur mon bureau, Muriel me souriait, notre fils dans les bras. Je pris conscience de ma folie : pourquoi vouloir revivre le passé ? Mon avenir, c’était ma femme, c’était mon fils et l’enfant ...
    ... qu’elle portait.
    
    Il me fallait changer d’air. Pour me calmer, je suis allé m’asseoir sur un banc du parc qui jouxte la voie ferrée. Peu de monde à cette heure, le quai était vide, un couple d’amoureux assis presque en face de moi se tenait par la main et se regardait sans parler. Un train de marchandises passa au ralenti, le couple apparaissait et disparaissait entre les wagons, comme dans un film en noir et blanc des débuts du cinéma. Images d’un bonheur en pointillé, d’un avenir incertain. Je ne pouvais entendre ce qu’ils se disaient, l’homme faisait des grands gestes avec ses bras.
    
    Le train passé, le banc était vide, chacun à un bout du quai. Il marchait lentement, les mains dans les poches, en traînant les pieds, elle trottinait d’un petit pas léger pour s’éloigner au plus vite.
    
    Je suis resté longtemps devant ce banc, un si gentil petit couple. Qu’avaient-ils pu se dire ou faire pour en arriver là ? Toute une vie résumée dans cette image, un couple qui se déchire. J’étais triste pour eux, sans raison, avec une indicible envie de pleurer.
    
    Nous nous sommes retrouvés au bar de l’hôtel. Ksénia était rayonnante, plus belle que jamais. En un instant, elle fit fondre toutes mes bonnes résolutions.
    
    Après un début de conversation banal, il fallut bien parler de notre vie passée, de Michel. En attendant le café, elle posa sa main sur la mienne. Électrisé par ce contact, je ne bougeais pas, j’étais heureux. Elle prit un air sérieux que je ne lui connaissais pas :
    
    — ...
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