1. Ksénia mon amour


    Datte: 09/05/2026, Catégories: #policier, #nostalgie, fh, vacances, amour, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe

    Je vivais un rêve éveillé avec Ksénia, mon amour.
    
    Ksénia Ekaterina Efremova Bolchakova, que tout le monde appelait Ksénia par facilité, était originaire de Russie, d’Union soviétique, pour être exact, mais elle refusait que l’on emploie ce nom devant elle, elle était russe et entendait que tous fassent la différence. Elle ne me parlait pas beaucoup de sa vie là-bas, ni pourquoi ni comment elle avait quitté son pays pour venir s’établir en France. Je n’ai jamais osé lui poser de questions, cela faisait partie de son mystère.
    
    Elle avait la beauté et le charme des filles de l’est, grande, yeux bleus très clairs, chevelure blonde, mais ce qui m’a attiré le plus chez elle, c’est son accent et son français caractéristique de ceux qui ont appris dans les livres. Elle avait une façon de dire « viens » avec pudeur quand elle voulait faire l’amour, ce n’était pas une question, elle était comme ça, entière, quand elle avait envie, elle demandait.
    
    J’ai toujours aimé les filles qui ont un accent. Ah, l’effet que cela me fait ! Même les Marseillaises, je les trouve plus attirantes que les Parisiennes qui parlent pointu. Je me souviens qu’un été, j’ai servi de guide à une Québécoise, brune, celle-là, pétillante, avec l’accent typique des Canadiens français. Quand elle me disait « tu veux baiser ? », le son de sa voix me faisait bander.
    
    Ksénia travaillait comme correspondante d’un magazine de mode de derrière le rideau de fer, le seul autorisé par les autorités pour prouver leur ...
    ... ouverture d’esprit. Elle envoyait des articles et des photos de mode françaises. Articles et photos qui bien sûr devaient passer par la censure soviétique avant d’être publiés. Elle aurait pu être mannequin, mais son travail lui plaisait et lui permettait de vivre correctement à Paris, surtout depuis qu’elle partageait mon appartement.
    
    Ksénia n’était pas ma première petite amie, sans être un don Juan, j’avais eu des aventures, d’un soir ou d’un mois, une fois presque un an. Mais jamais je n’avais rencontré une femme avec un tel tempérament. Ksénia aimait faire l’amour, elle respirait l’amour, pas qu’au lit, dans tous ses gestes familiers, en faisant le ménage, la vaisselle ou au supermarché en faisant les courses. Combien de fois, j’ai vu des hommes se retourner sur son passage. Elle n’était pas provocante dans la façon de s’habiller, mais il émanait d’elle un « je ne sais quoi » qui attirait les hommes. Avec insouciance, elle mordait la vie à pleine dent.
    
    Nous vivions ensemble depuis bientôt deux ans, nous étions heureux. Je remerciais le ciel tous les jours du bonheur qu’elle me donnait. Mais je n’osais pas faire de projet d’avenir, sentant confusément que ce bonheur ne durerait pas éternellement. Une fille comme elle, ce n’était pas pour moi. Je l’aimais, sincèrement. J’espérais qu’elle m’aime aussi, sans jamais en avoir la certitude, mais elle restait avec moi, c’était le principal.
    
    Cet été-là, nous nous sommes retrouvé une dizaine de garçons et de filles, pour ...
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