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Ksénia mon amour
Datte: 09/05/2026, Catégories: #policier, #nostalgie, fh, vacances, amour, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe
... épaules et l’embrassa sur les deux joues : — Quatre bises, c’est bien comme ça à Paris, non ? dit-il content de lui. Après avoir raconté à nos amis notre cambriolage et sa peur, Ksénia passa enfin à autre chose, elle se calmait. L’habitude fut prise rapidement. On s’est revus, souvent, trop souvent, multipliant les sorties, toujours invités par Michel. Ksénia semblait fascinée par son style de vie, au point qu’il m’était difficile, malgré mon travail, de renoncer à ces soirées pour ne pas la laisser sortir seule, ce qu’elle aurait fait sans hésiter. Toutes mes tentatives pour rester chez nous en tête-à-tête généraient des discussions sans fin : — Amuse-toi, la vie est trop courte, me disait-elle régulièrement. Tout ce que tu aimes, c’est ton travail, et rester à la maison. Elle avait raison. Elle m’échappait. C’en était-elle aperçue, ou vivait-elle ses instants de façon innocente, sans penser au lendemain ? La nuit, lorsque je me réveillais, j’aimais la regarder dormir, trop belle pour moi. « Tu es la plus forte Ksénia, parce que tu ne m’aimes pas, ma faiblesse est de trop t’aimer ». J’en étais arrivé à la conclusion que Ksénia s’ennuyait, qu’elle s’ennuyait avec moi. Michel l’éblouissait chaque fois qu’elle le voyait. Ma souffrance ne faisait qu’augmenter son ennui. — --oOo--- Un soir, nous étions cinq, avec Michel et un autre couple d’amis. Après un repas bien arrosé, Michel a proposé, comme à son habitude, d’aller en boîte. Personne n’a ...
... été emballé. Étant le seul à avoir pris sa voiture, je proposais de tous les raccompagner. Notre ami, de forte corpulence, s’assit à côté de moi, laissant les sièges arrière à son épouse, à Ksénia et à Michel. Ksénia, sentant que j’avais un peu trop bu, me fit la recommandation d’usage en posant sa main sur mon épaule : — Fait attention mon chéri, ne va pas trop vite. La circulation était fluide à cette heure avancée de la nuit, suivant sa recommandation, je roulais doucement pour ne pas causer d’accident. Attentif à la route, j’ai voulu redresser le rétroviseur, pendant que je le réglais avec des gestes imprécis, je les ai vus sur le siège arrière, la main de Michel sur le genou de Ksénia. Elle se tenait bien droite sans bouger, sans réagir à la pression des doigts qu’elle ne pouvait ignorer. Sensation étrange, à la fois un choc et la confirmation de ce que, inconsciemment, je pressentais depuis longtemps. Je n’ai rien laissé paraître, ne voulant pas faire de scandale en montrant une jalousie excessive, qui aurait pu braquer Ksénia contre moi. J’ai continué à conduire et faire comme si je n’avais rien vu. Ayant déposé nos amis, Michel s’assit sur le siège avant, la laissant seule derrière. Rassurant, mais le mal était fait. Arrivé devant chez lui, il ne nous invita pas pour un dernier verre, mais je perçus le trouble de Ksénia quand Michel me remercia et l’enlaça pour les quatre bises habituelles. Je n’ai rien osé lui dire, elle non plus ne me dit rien. ...