1. Ksénia mon amour


    Datte: 09/05/2026, Catégories: #policier, #nostalgie, fh, vacances, amour, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe

    ... Perturbés, nous fîmes l’amour rapidement avant de nous endormir, mettant ma hâte sur le compte de l’alcool.
    
    Le lendemain matin, elle m’annonça que Michel l’avait invitée à prendre un verre après son travail. Elle n’avait pas dit non.
    
    Je sentais qu’inexorablement, elle se détachait de moi.
    
    Pendant que je travaillais, ils devaient se voir. Sans en être certain, je m’en doutais à des petits riens. Étaient-ils devenus amants ? Je préférais ne pas y penser, ne pas en parler, par peur de la perdre si je lui laissais le choix. Lâchement, je fermais les yeux. Un soir, elle m’annonça que c’était fini entre nous, elle allait partir. Que pouvais-je dire pour la retenir ? Que pouvais-je lui offrir ? Tout mon amour pour elle ? C’était inutile, ça l’aurait juste fait sourire.
    
    Quelques jours plus tard, après une discussion que j’ai voulue calme, elle fit ses valises.
    
    — --oOo---
    
    Je me retrouvais seul.
    
    Les premiers temps, je hantais les endroits que nous fréquentions avant, dans l’espoir d’une rencontre fortuite, ou juste pour me souvenir. Je ne la revis pas, elle ne me donna aucune nouvelle. J’en étais arrivé à la conclusion qu’elle m’avait rayé de sa mémoire. Je devais en prendre mon parti. La vie est courte, disait-elle, faut en profiter. J’espérais toujours, sans trop d’espoir, mais comme par magie, Ksénia avait disparu du jour au lendemain, Michel aussi. Où étaient-ils ? Aucun de nos amis ne le savait.
    
    Ce n’est que plusieurs semaines plus tard que j’appris ...
    ... qu’elle s’était installée à Londres avec lui. Il avait trouvé un job à La City, elle l’avait suivi.
    
    Le temps passant, je l’ai oublié dans des bras accueillants, aventures d’un soir, relations éphémères, jusqu’au jour où j’ai rencontré celle qui allait devenir ma femme, Muriel. Originaire aussi de l’est, de Nancy exactement, elle n’avait pas d’accent, mais je l’ai tout de même demandée en mariage. Tout le monde l’appelait Mumu, surnom donné par ses parents à sa naissance, il lui est resté. C’était Mumu, pour sa famille, ses amis, sauf pour moi. Je l’ai toujours appelée Muriel, étant le seul, c’était plus intime.
    
    Après notre première nuit, nous avons décidé de nous revoir. Un mois après, elle s’installait chez moi. Nous nous sommes mariés rapidement, heureux de pouvoir fonder une famille. Mon appartement étant devenu trop petit, nous avons emménagé dans un pavillon en proche banlieue. Elle ne vivait plus chez moi, nous vivions chez nous. Cette fois, c’était pour la vie. Finies, les aventures sans lendemain ; terminées, les soirées bien arrosées qui finissent à plus d’heures.
    
    Un soir, nous regardions le journal à la télévision, tout en discutant de ce que nous avions fait dans la journée. Mon attention fut attirée par la photo d’un touriste français tombé accidentellement dans le métro londonien, il était mort sur le coup. Je reconnus Michel, triste fin. Muriel fut étonnée de mon émotion, j’ai dû lui expliquer que je l’avais connu il y a des années, un ami perdu de vue, sans ...
«1...345...9»