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L'été de mes vingt ans
Datte: 02/05/2026, Catégories: #journal, fh, grosseins, vacances, plage, campagne, humilié(e), Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... trouvés dans ma nouvelle grotte. J’ai relu aussi « La chèvre de Monsieur Seguin », un petit livre qui traînait sur une étagère. Quand Blanchette est mangée par le loup, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. La nuit, je ne réussis pas à dormir sans rêver de lui. Il fallait en finir, de toute façon, c’était trop pénible. Je viens de prendre une décision définitive et, quand j’aurai écrit ces dernières lignes, je me mettrai en route. Ce matin, au petit-déjeuner, Tonton Gérard m’a annoncé que son ami De Monfort lui avait téléphoné. — Ah ? ai-je dit comme si j’étais indifférente alors que mon cœur battait à mille à l’heure. — Oui, a dit Tonton, il a besoin d’un service que tu pourrais lui rendre. — Lui rendre un service ? ai-je marmonné, mon cœur ne battant plus. — Oui, c’est cela, un petit service. Parmi les livres qu’il a laissés en dépôt chez moi, il y en a un dont il est l’auteur et il voudrait que tu le lui rapportes. — Il a écrit un livre ? — Oh, plusieurs, d’après ce qu’il m’a raconté, mais il publie sous un pseudonyme. Ce livre que tu dois lui apporter a une reliure rouge. Il paraît que tu trouveras sans peine de quel livre il parle. Il t’attend cet après-midi et il m’a dit que, si tu acceptais, il t’offrirait une récompense. J’ai dit que tu n’étais plus une gamine qu’on gratifie d’une bricole pour un petit service, mais il a insisté, en disant que cette récompense n’était pas pour un enfant. Je ne sais pas ce qu’il ...
... entend par là, ma foi. — Et il ne peut pas venir lui-même, ce monsieur ? ai-je demandé au bord du malaise. — Voyons, Marie, son manoir est à cinq minutes d’ici, on le voit par les fenêtres de l’étage. Tu peux bien me faire plaisir et aller chez lui cet après-midi. Cela te promènera. Tu ne sors plus depuis quelques jours. J’ai donc promis à Tonton. D’ailleurs, mon ventre en ébullition me dit lui aussi que je ne peux plus esquiver cette rencontre. Je suis allée dans mon ancienne chambre et j’ai regardé vers le manoir. On voyait bien la petite fenêtre où est installée la lunette, mais je ne parvenais pas à voir si Régis était là. Je me suis déshabillée, lentement. Je sentais la mouille couler le long de mes cuisses et j’ai eu un orgasme presque sans me toucher. Mes seins me faisaient mal. Comme dans un rêve, j’ai sorti ma robe la plus courte, celle que je n’avais pas encore mise parce qu’elle a des manches longues et je l’ai enfilée, sans soutien-gorge ni culotte. Avec mes gros seins, c’est assez vulgaire, mais je suppose que c’est ce qu’il attend de moi. Je me suis maquillée pour la première fois du séjour. J’ai mis le livre rouge dans un sac rouge informe qui traînait dans une chambre. En fait, je répugne même à le tenir à la main. Voilà, je suis prête, comme Blanchette était prête quand le soleil s’est couché et qu’elle a décidé de rester dans la montagne. Je ne sais pas ce qui m’attend, mais j’y vais. Je ne veux pas mourir idiote.