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Le Banc d’État (La Vérité Assise)
Datte: 29/04/2026, Catégories: #exercice, #délire, #société, #nonérotique, #utopie, #confession, Auteur: L'artiste, Source: Revebebe
... le sait déjà : la contagion est lancée. Et cette fois… elle ne passe pas par la bouche, mais par le bois. Le circuit. Le cœur. Officiellement, il n’existe pas. Il n’est pas répertorié dans les bases cadastrales. Il n’a pas de compte Instagram, pas de QR code, pas de live Twitch. Et pourtant, il est complet chaque soir. C’est un ancien théâtre, reconverti en entrepôt, puis en club de yoga, puis laissé à l’abandon après une épidémie de burn-out méditatif. Et maintenant… c’est le Tribunal. Pas de juges. Pas de robes. Juste un banc, au centre. Rebaptisé : « La Barre Moelleuse ». Autour, des chaises, des coussins. Des gens. Beaucoup venus avec leurs oreilles, leur sueur et leurs secrets encore chauds. Un jeune homme s’avance, s’assied et dit : — J’ai fait semblant d’aimer pendant cinq ans pour pas être seul. Je crois que j’ai bousillé deux cœurs. Et le mien, en option. Applaudissements. Pas de pitié. Pas de jugement. Juste… validation. Une femme de 40 ans murmure : — J’ai jamais joui, mais j’ai simulé si bien que c’était bon quand même. Je continuerai. Parce que c’est plus simple. Une lycéenne lit une lettre à son père : — Tu me regardes comme une bonne note. J’aimerais pourtant que tu m’écoutes… Juste une fois. La salle entière retient son souffle. Quelqu’un, dans l’ombre, pleure très fort. Le Tribunal des Fesses ne donne pas de verdict. Parfois, il rend des gens dangereux. Parce qu’une fois qu’on s’est assis là… on ne peut plus redevenir ...
... un figurant et simuler le silence. __________________ Interlude présidentiel – Fissure en direct Il est 20 h. Soir de grande allocution. Chaînes bloquées. Écrans allumés. Même les plus blasés ont mis pause sur leur porno ou leur soupe. Le Président apparaît. Sobre. Pas de pupitre. Pas de drapeau. Derrière lui : un banc. Il s’assoit et regarde la caméra comme un amant regarde un texto qu’il n’ose pas envoyer. — Françaises, Français. Ce soir, je ne viens pas vous expliquer, mais vous avouer. Dans toutes les cuisines du pays, les fourchettes sont suspendues. — J’ai gouverné avec le front. Pas avec le bas-ventre. J’ai cru qu’un État se gérait comme un fichier Excel, mais j’avais oublié que vous avez des cœurs, des doigts… des soupirs. Que certains d’entre vous bandent de solitude, d’autres d’injustice. Que la Nation n’est pas une machine, mais une vibration. Il respire. Pas une respiration de communicant, mais une de mec qui est à deux doigts de mouiller sa cravate. — J’ai ri en privé de vos bancs, puis j’en ai testé un. La nuit. En cachette. J’ai dit que je n’avais jamais voulu être Président. Que j’avais juste peur du vide. Que j’ai baisé mes ambitions pour être populaire. Et que j’aimerais… être aimé pour vrai. Il ferme les yeux. — Ce n’est pas une reddition. C’est une offrande. Faites ce que vous voulez de moi, mais faites-le… avec tendresse, parce que j’ai plus rien que ma honte. Puis il se lève et quitte le champ. La caméra reste fixe, sur ...