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La comtesse de Beauchamp
Datte: 25/04/2026, Catégories: #drame, #historique, #aventure, contrainte, Auteur: Stiletto, Source: Revebebe
... m’a demandée ? — Oui, Constance, allez quérir le cocher et dites-lui de préparer les chevaux. Nous partons sur l’heure. — Bien, madame. La domestique disparaît aussitôt et se précipite à l’écurie : — Firmin, secoue-toi, veut sortir(lèves pincées). — Tu veux dire(cul serré) ! Où veut-elle aller ? — Je ne sais pas, elle ne me l’a pas dit. Une voix pleine de colère interrompt cette discussion : — Bandes d’ingrats, vous devriez avoir honte de parler de votre patronne ainsi ! — Et pourquoi donc se tue-t-on au travail pour elle ? Et jamais un remerciement. Je connais des portes de monastères plus souriantes qu’elle ! — Elle a certainement ses raisons, ni toi ni moi ne sommes autorisés à la juger ! La seule chose que je sais, c’est que, quand mon petit Pierre est tombé malade à la Toussaint, c’est elle qui a payé le médecin. Sans elle, il ne serait certainement plus de ce monde, et pour cela, je lui serais éternellement reconnaissante. Allez, maintenant, retournez au travail, et que je ne vous surprenne plus jamais à médire de la comtesse, sinon il vous en cuira ! Une demi-heure plus tard : — Où dois-je déposer madame la comtesse ? — Sur la place des Anges. — La place des Anges ! Êtes-vous sûre ? C’est un endroit qui a très mauvaise réputation. — Firmin ! Vous êtes payé pour obéir aux ordres, pas pour les discuter ! Fouettez les chevaux ! — Tout de suite, que madame veuille bien pardonner mon impertinence. Eh bien, se dit le cocher en essuyant une ...
... goutte de sueur sur son front, ce n’est pas le moment de la contrarier, la comtesse est d’humeur massacrante. Durant tout le trajet, le regard perdu de Joséphine de Beauchamp contemple le paysage sans s’y attarder. « Mon Dieu, que suis-je en train de faire ? se demande-t-elle tristement. Au bout d’une heure, sa mélancolie est interrompue par la voix de Firmin : — Nous y sommes, madame la comtesse. Le cocher descend prestement de son perchoir pour ouvrir la porte du cabriolet à sa maîtresse. Celle-ci lui tend la main afin qu’il l’aide à descendre, avant de dire sèchement : — Attendez-moi ici, je n’en ai pas pour très longtemps. Malgré la remontrance qu’il a subie peu avant, Firmin ne peut s’empêcher d’intervenir encore une fois en voyant les mines patibulaires qui hantent les lieux. — Madame me permettra-t-elle au moins de l’accompagner pour la protéger ? — Et qui surveillera les chevaux ? Non, Firmin, vous restez ici. Mais n’ayez pas peur pour moi, je ne risque rien. Le cœur dans l’âme, le domestique laisse sa patronne traverser seule la place, pour ensuite s’engager dans une ruelle sombre. Aussitôt, tels des loups de leur tanière, des silhouettes inquiétantes surgissent de l’ombre et s’approchent lentement de la belle dame. Mais une fois arrivées à quelques mètres, elles font demi-tour pour retourner dans le ruisseau. Quant à Joséphine, indifférente à ce qui l’entoure, elle s’enfonce sans hésiter dans l’obscurité, et, tandis qu’elle marche à pas ...