1. La comtesse de Beauchamp


    Datte: 25/04/2026, Catégories: #drame, #historique, #aventure, contrainte, Auteur: Stiletto, Source: Revebebe

    ... vu juste. Elle sait que le comte de Beauchamp n’a aucune envie que la contribution de sa femme soit étalée au grand jour.
    
    Le ton de ce dernier se radoucit donc subitement.
    
    — Hum, hum, ne vous fâchez pas ma mie. Ce n’était qu’une saute d’humeur passagère due à l’attitude inconcevable de notre fille.
    
    Quoi qu’il en soit, je vous demanderais de raisonner Adélaïde. Mes derniers investissements se sont révélés désastreux, et nous sommes au bord de la faillite. Sans ce mariage avec le baron d’Harcourt, nous serons contraints de vendre cette maison. Pour nous tous, ce serait non seulement la ruine, mais aussi le déshonneur.
    
    La comtesse a beau être maintenue éloignée des questions financières, comme toute femme respectable de son époque, elle est parfaitement consciente de la situation catastrophique dans laquelle les a mis son époux.
    
    Ce n’est pas la première fois que ce dernier est dans une position délicate, et elle a déjà dû user de ses relations à maintes reprises pour le tirer d’affaire. Mais cette fois-ci, elle sait que ses talents ne seront pas suffisants, et puis Adélaïde est maintenant en âge de prendre époux.
    
    Joséphine éprouve cependant un petit pincement au cœur : et oui, sa fille a raison, c’est bien elle qui a manigancé ce projet de mariage.
    
    Pendant que ses parents se rejettent la responsabilité de son éducation ratée, Adélaïde ressasse ses sentiments dans sa chambre. Elle le sait, c’est sa mère qui est derrière tout ça, c’est elle qui a fomenté ce ...
    ... projet ignoble. Et pourquoi ? Tout simplement pour préserver son titre, son rang, sa fortune… Toutes ses prétendues valeurs qu’elle honnit.
    
    La jeune fille est même certaine que c’est elle qui a convaincu son père bien aimé. Elle sait très bien que lui est incapable d’une telle bassesse.
    
    Décidément, elle hait sa mère !
    
    Quand on connaît la façon dont celle-ci la traite depuis son enfance, ce sentiment est compréhensible. Joséphine de Beauchamp est une femme austère, snob, froide, hautaine, inflexible, qui se montre toujours très dure, très exigeante, en particulier avec sa fille. Ainsi, Adélaïde passe ses journées entières à apprendre le français, le latin, le grec, mais aussi les sciences, les mathématiques, alors que les jeunes filles de son âge apprennent certes à broder, à tenir une maison, à être une épouse dévouée, mais aussi à s’amuser.
    
    Et tout ça sans la moindre indulgence, la plus petite erreur est toujours sévèrement punie ! Adélaïde ne compte plus les coups de baguette sur les doigts, les heures passées à genoux sur une règle, et les autres punitions infligées par sa mère.
    
    Fort heureusement, il y a son père. Lui est à l’opposé de sa génitrice. Toujours à la couvrir de cadeaux, de belles robes, à lui offrir des confiseries… Toujours prêt à la complimenter, à la prendre dans ses bras pour la consoler…
    
    Bref, il la traite comme une princesse, et elle l’aime autant qu’elle le vénère.
    
    Non, son père ne va pas la laisser tomber, il s’opposera à la volonté ...
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