1. Le banc des miracles


    Datte: 24/04/2026, Catégories: init, fh, bizarre, campagne, amour, pénétratio, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... montrait un vêtement et qu’il lui demandait de l’essayer, elle esquivait et demandait à continuer de voir des styles différents avant de se décider. Mais quant à son tour, elle montrait un chemisier ou une jupe qu’elle pouvait imaginer porter, Hugo riait.
    
    — Non, non, disait-il, si vous voulez vraiment changer quelque chose dans votre vie, ce n’est pas ça qu’il faut prendre. Regardez, ajouta-t-il en baissant la voix, regardez la vieille dame, elle examine la même jupe que vous.
    
    Il avait raison, mais comment faire ? Au bout d’une demi-heure de déambulation, ils étaient dans une impasse et commençaient tous les deux à se lasser.
    
    — Bon, dit Hugo. Ça ne va pas du tout, vous ne voulez rien essayer et je sais pourquoi. En fait, vous avez dit oui mais vous n’avez pas confiance en moi. Vous croyez que je suis juste un type bizarre qui dit n’importe quoi. D’accord, c’est vrai, je suis un type bizarre, mais je peux vous aider car je suis observateur. J’observe tout, les oiseaux et les femmes, les détails, tout. Je vous propose donc un marché : on rentre dans le prochain magasin. Je choisis trois vêtements et vous les essayez dans une cabine. Si rien ne vous convient, on abandonne et on va manger une glace. C’est moi qui paye, hein, une glace ce n’est pas trop cher, ça ne me ruinera pas. Mais si les habits vous plaisent, on insiste un peu et on cherche encore le truc magique qui vous transformera en princesse. D’accord ?
    
    Madeleine ne pouvait pas dire non. Elle se sentait ...
    ... malheureuse parce qu’elle était certaine d’être horrible dans les vêtements choisis par Hugo et au fond d’elle-même, elle pensait qu’elle serait horrible parce qu’elle était horrible, mal proportionnée, laide, quel que soit l’emballage. Mais elle entra dans la boutique suivante comme une martyre livrée aux lions. Hugo était tout excité et ne se rendait compte de rien. Dès qu’il eut passé la porte, il se précipita vers une petite robe d’été, vert et rose, certain de son choix. Avec toutes ces couleurs, Madeleine pensa qu’on ne verrait qu’elle lorsqu’elle aurait la robe sur elle et elle faillit refuser. Mais elle entra dans la cabine et passa la robe.
    
    Et ce fut un éblouissement. Elle était enfin jolie, dynamique, séduisante. Elle essayait de raison garder et cherchait des yeux ses défauts habituels, ses seins trop gros, son ventre bombé, mais elle ne voyait que des qualités qui lui avaient échappée jusque-là, ses longues jambes parfaites, la finesse de sa taille et son teint de jeune fille rehaussé par le rose des fleurs de la robe. Elle resta un long moment à s’admirer, à se tourner dans tous les sens, à se sourire bêtement. Mais quand elle voulut enlever la robe pour aller l’acheter, elle n’arriva pas à attraper la fermeture-éclair dans son dos. Elle se contorsionna comme elle put, mais rien à faire. Elle se trouva contrainte de passer la tête entre les deux rideaux qui fermaient sa cabine et de demander de l’aide à Hugo qui attendait sagement le résultat de l’essayage.
    
    — ...
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