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Le banc des miracles
Datte: 24/04/2026, Catégories: init, fh, bizarre, campagne, amour, pénétratio, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... voix en se parlant à lui-même. Génial ! Ils sont revenus encore cette année ! Madeleine était debout à côté du banc et n’osait pas s’asseoir car le jeune homme ne l’avait pas vue. Après un léger coup au cœur, elle avait déjà plus ou moins compris que cet homme ne serait pas celui qu’elle cherchait. Maigre, vêtu de noir, des cheveux gras qui pendaient en longues mèches de chaque côté de son visage, il ne ressemblait pas du tout à l’homme de ses rêves. Quand Hugo baissa ses jumelles pour écrire dans son carnet ses données d’observation, il se trouva face à une dame indécise, debout à côté de lui, et il fut un peu décontenancé, comme à chaque fois que quelqu’un faisait ou disait quelque chose qui n’était pas prévu. — Je ne veux pas vous déranger, dit Madeleine qui remarqua son air inquiet. Est-ce que je peux m’asseoir sur le banc ? — Bien sûr, bien sûr, répondit très vite le jeune homme. Vous venez aussi pour les oiseaux ? Vous avez vu les cigognes ? Chaque année, il y en a plus que l’année précédente. — Non, non, répondit Madeleine aussi calmement que possible malgré son cœur qui battait un peu fort. Je ne connais rien aux oiseaux. Je viens juste m’asseoir un moment ici, le dimanche. — Ah, fit Hugo, puis il ne trouva plus rien à dire. Et soudainement, il reprit la parole : vous venez tous les dimanches ? — Presque, sauf quand il pleut. — Vous étiez là dimanche dernier ? Il paraît qu’il y avait des grues ! — Je ne sais pas. Je n’y connais rien. — Oh, fit Hugo, ...
... et il pensa qu’il ne savait décidément pas parler aux gens. Pour retrouver une contenance, il se remit à regarder dans ses jumelles. Mais la présence de la jeune femme à ses côtés le dérangeait, surtout à cause de son parfum. Elle sentait si bon qu’il ne pouvait pas l’ignorer. Il la regarda à nouveau et elle vit qu’il avait des yeux très bleus et un regard qui lui faisait un peu peur. — Pourquoi vous venez là, alors, si vous ne regardez pas les oiseaux sur l’étang ? — Eh bien, répondit-elle en baissant les yeux devant l’impolitesse de la question, je pense que si je vous le dis, vous allez me trouver idiote. — Sûrement pas ! Comme je suis une espèce d’idiot moi-même, je n’ai pas la capacité de détecter si les autres le sont ou pas. Mais si c’est un secret, il ne faut pas le dire. Madeleine pensa qu’elle partageait son banc avec un drôle de personnage, mais en même temps, elle se sentait libre de lui parler. Elle voyait bien qu’il ne se moquerait pas d’elle et puis, à la longue, c’était triste de vivre seule et de ne jamais parler à personne. — Ce n’est pas un secret. Je viens ici, dit-elle, parce que ce banc a une réputation. — Ah bon ? — Oui, il paraît que très souvent, des célibataires se rencontrent sur ce banc et finissent par se marier. — Ah bon, sur ce banc ? — Oui. — Et vous, vous n’êtes pas mariée ? — Non, pas encore. — Pourtant, vous avez l’air mariée. Vous sentez bon comme ma marraine, et elle, elle est mariée. — Merci, mais non, je ne suis pas ...