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Le banc des miracles
Datte: 24/04/2026, Catégories: init, fh, bizarre, campagne, amour, pénétratio, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
À la sortie de ce petit bourg du sud, l’association « Bien vivre au village » avait rénové un vieux banc pour que les promeneurs puissent faire une pause. C’était un endroit magnifique. Le banc était en haut d’une petite côte caillouteuse, à l’ombre d’un gigantesque pin parasol, et de là, on avait une vue splendide sur l’étang en contrebas. Au loin, derrière les collines bleues, on devinait la mer. Les membres de l’association, de joyeux retraités bénévoles, avaient changé les planches de l’assise et repeint le tout avec des couleurs vives, des fleurs et des oiseaux. Ils avaient également renommé leur banc : « Le banc des miracles ». Pour justifier leur choix, le président de l’association avait dit dans un journal local que tout célibataire s’asseyant sur ce banc y trouverait l’âme sœur. C’était une simple galéjade, mais, disait le président, si deux célibataires venaient s’y asseoir en même temps, pourquoi leur rencontre ne deviendrait-elle pas une belle histoire d’amour ? Il y avait eu l’article dans le journal et ensuite, plus personne n’avait parlé du banc ou des rencontres qu’on y faisait. Madeleine avait lu cet article. C’était une jeune femme de trente-deux ans qui habitait la ville voisine. Madeleine n’était ni jolie ni laide, elle cherchait le grand amour et ne l’avait pas encore rencontré. Peut-être était-elle trop idéaliste, ou bien n’avait-elle pas tout à fait compris ce que les hommes recherchent dans une liaison amoureuse ? En tout cas, elle était ...
... toujours vierge et malgré de multiples inscriptions sur des sites de rencontres, elle n’avait toujours pas déniché le partenaire idéal, celui du coup de foudre qu’elle imaginait, avec de multiples détails, la nuit dans le petit lit de son petit studio. Aussi, Madeleine prit très au sérieux l’article qui parlait du banc des miracles. Et elle prit l’habitude d’aller chaque dimanche se promener sur le chemin caillouteux. Elle arrêtait sa promenade au fameux banc et s’y asseyait pendant une heure, montre en main en attendant le miracle. Cela durait depuis des mois. La promenade était agréable et la vue depuis le banc était vraiment splendide, aussi ce n’était pas une habitude qui lui coûtait beaucoup. Elle n’y avait jamais rencontré personne. Parfois, un couple de retraités venait s’asseoir à ses côtés et engageaient la conversation. Mais en général, elle était seule et contemplait le paysage. Aussi fut-elle relativement surprise, par un beau dimanche d’automne, de trouver sur son banc un jeune homme. Hugo avait vingt-huit ans et n’avait jamais lu l’article sur le banc des miracles. C’était un garçon solitaire, passionné d’ornithologie et il n’était là que pour admirer les migrateurs de passage qui se posaient sur l’étang. D’ailleurs, quand Madeleine s’approcha de lui en faisant craquer les cailloux du chemin sous ses semelles, il ne s’en rendit même pas compte tant son attention était concentrée sur ce qu’il voyait à travers ses jumelles. — Des harles ! dit-il à haute ...