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Le banc des miracles
Datte: 24/04/2026, Catégories: init, fh, bizarre, campagne, amour, pénétratio, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... ça que je n’arrive pas à vous faire un compliment. Vous avez l’air d’une mamie. C’est peut-être la raison qui fait que vous ne trouvez pas de mari. Les hommes, ils n’ont pas envie de ce genre de femme et pourtant, je vois bien que vous êtes super, mais c’est comme un cadeau mal emballé, on n’a pas envie de l’ouvrir. — Oh, ça, ce n’est vraiment pas très gentil. — Je sais. Pardon. Il faut toujours que je dise une énormité. C’est pour ça que je n’ai pas d’amis. Madeleine avait une idée assez vieux jeu de l’élégance. Elle portait ce jour-là une jupe marron plutôt longue et qui la serrait un peu, mettant en évidence son début d’embonpoint, un chemisier vert foncé et trop brillant boutonné jusqu’en haut. Ses cheveux étaient serrés dans un chignon sophistiqué et ses lunettes de myope avaient des montures épaisses et noires. Elle savait que son look n’était pas à la mode et qu’elle ne plaisait pas aux hommes. Elle le voyait bien au travail. Dans les bureaux, il y avait un jeu permanent de séduction entre les employés, des plaisanteries, des liaisons plus ou moins secrètes, mais personne ne s’intéressait jamais à elle. C’était comme si elle n’existait pas. Aussi, la remarque d’Hugo, même si elle était désagréable, ne la surprit pas vraiment. Le problème, c’est qu’elle était incapable de changer sa garde-robe. Quand elle entrait dans un magasin de vêtements, c’était toujours les coupes les plus strictes et les couleurs les plus ternes qui l’attiraient. Les jolies robes qu’elle ...
... remarquait portées par ses collègues, il ne lui venait jamais à l’idée de les acheter. — Ce n’est pas grave, vous savez, dit-elle. Je ne sais pas m’habiller, vous avez raison. Si j’avais un mari, il pourrait me conseiller et je m’améliorerais. Mais comme je ressemble à une mamie, comme vous dites, je reste toute seule. Quant à vous, vous devez vraiment apprendre à vous exprimer. Je comprends que vous ayez reçu une claque. Il faut vous mettre un peu à la place des autres. — Mais, c’est ça mon problème, madame-je-ne-sais-pas-votre-nom ! C’est exactement ça ! C’est ce que me disait le docteur quand j’étais gosse ! Que je dois apprendre à deviner ce que pensent les autres ! Mais moi je n’y arrive pas ! — Je m’appelle Madeleine. — Et moi, c’est Hugo. Vous voyez, je sais faire la conversation, on dit son nom et tout. Je peux vous parler du temps et des oiseaux, si vous voulez. Mais pas d’amour. Rendez-moi mes jumelles. Vous ne regardez pas dedans et j’ai peur que vous les cassiez. Vous avez quel âge, Madeleine ? — J’ai trente-cinq ans. Vous voyez, je ne suis pas une mamie. — Alors il faut changer de vêtements. C’est sûr sûr sûr ! Je ne sais pas faire des compliments mais je peux vous dire ce que vous devez porter, quelles robes, quelles chemises, tout. Je ne parle pas aux filles mais je les regarde, vous voyez. Par exemple, je suis désolé de vous le dire mais on voit que vous avez des gros seins, vous voyez. Eh bien, vous ne les montrez pas du tout. Il faut les montrer pour ...