1. L'ivresse des cimes, une dernière fois


    Datte: 21/04/2026, Catégories: #tutu, fh, extracon, dispute, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... à avouer ? Avais-tu déjà pris ta décision ou attendais-tu de m’avoir parlé pour le faire ?
    
    — Qu’est-ce qu’il y a ? ai-je demandé.
    — Rien, je ne sais pas, j’ai sans arrêt des nausées en ce moment, as-tu murmuré.
    
    Tu étais nue, toujours aussi belle, mais mes mains sur ton corps ne semblaient pas te faire beaucoup d’effet. J’ai pensé à la lassitude de nos amours clandestines, à la migraine que tu ressens parfois quand souffle le vent du sud, mais le mot « nausée » a déclenché quelque chose.
    
    — Tu es… tu n’es pas… enceinte par hasard ?
    — Ce n’est pas par hasard, as-tu répondu. Je suis enceinte parce que nous faisons l’amour ensemble.
    
    Avec ton mari, vous avez essayé de devenir parents avant que notre histoire commence, sans succès. Ensemble, nous avons toujours pris des précautions même si j’ai souvent maudit ces préservatifs qui freinaient nos élans, sans parler de leur aspect dégoûtant après usage. Je me suis vu un jour dans le miroir en pied d’une chambre d’hôtel avec ce bout de plastique plein de sperme au bout de ma bite. C’était si minable.
    
    — Ça ne peut pas…
    — Non, Antoine, ni lui, ni un autre. Je ne fais l’amour qu’avec toi depuis longtemps. Ce n’est pas ta faute, ce n’est pas ma faute, c’est un accident, c’est tout.
    
    Chaque pas est une violence. La voie que j’ai choisie est beaucoup plus verticale que ce que j’imaginais et je n’avance qu’en me tirant avec mon piolet. Il faut aller au bout, maintenant. Quand on a commencé quelque chose, il faut aller au ...
    ... bout, même quand on se rend compte qu’on est dans une impasse. Je ne sais plus les mots que tu as utilisés pour me dire que tu ne voulais pas garder notre enfant, mais c’est ce que tu as dit et je n’ai pas pu te répondre. Tu es libre de ton corps, je n’ai jamais défendu autre chose, mais un gong cognait à l’intérieur de moi et j’ai cru que j’allais me trouver mal.
    
    Tous nos rêves n’étaient qu’un malentendu, ou un mensonge. Je ne sais pas si tu as un jour envisagé de quitter ton mari pour moi, mais j’y ai cru si fort et pendant si longtemps que la vérité m’a complètement démoli. J’aurais pu m’enivrer et passer la nuit à boire, j’en ai eu la tentation, mais j’ai préféré être ici, là où je trouve encore du sens à la vie, au-dessus du monde et des tracas des hommes. Le verdict de la montagne peut lui aussi être terrible, mais celui-là, je l’accepte. J’ai l’arête terminale en ligne de mire. Seulement, je suis sous un surplomb de glace que personne n’avait mentionné jusque-là. Sans doute ai-je oublié un détail du topo.
    
    Je m’arrête une dernière fois, devant décider si je tente une voie directe ou si je contourne cette difficulté, ce que je n’ai pas vraiment le temps de faire pour rester en sécurité. Je pourrais également abandonner et redescendre, mais je n’envisage même pas cette troisième option. Je m’assois et je bois. Ton visage était de pierre quand je t’ai dit que nous ne pourrions plus continuer après cela. Ton visage était de pierre quand je me suis mis à pleurer. Tu n’as ...