1. Rude mais sensible


    Datte: 17/04/2026, Catégories: init, fh, gros(ses), amour, Auteur: Foretdorient, Source: Revebebe

    ... qui sévissait devant nous, en m’insultant comme le dernier des derniers. Franchement, je le méritais et j’en acceptais par avance les augures.
    
    Pourtant, elle n’en fit rien, bien au contraire, elle posa fermement sa main sur mon bras, comme pour m’empêcher toute retraite, et ajouta :
    
    — Mais, le pire, c’est que je suis flattée quand tu poses tes yeux sur moi. Et si je viens aussi souvent à la salle, c’est en partie à cause de toi, tu m’as rendue complètement accro. Tu vois, je suis presque aussi dingue que toi !
    
    Quelle révélation ! J’osai un regard vers elle, elle me souriait cette fois avec tendresse. Ce n’était pas des conneries, elle le pensait vraiment. Ô temps suspend ton vol !
    
    — Ça fait longtemps que j’attends que tu te décides, que tu me dises ne serait-ce que quelques mots, que tu sortes enfin de ton mutisme, reprit-elle au bout d’un court instant. Mais tu es tellement introverti, tellement stressé, tellement mal à l’aise avec les autres. Remarque, je le comprends, la vie n’est pas tendre envers ceux qui sont un peu fragiles. J’en sais quelque chose ! Sur ce plan-là, nous sommes un peu pareils, tu ne crois pas ?
    
    J’en restai bouche bée, me contentant d’un signe de tête. Ses mots me surprenaient et me touchaient profondément. Elle voyait juste en moi, comprenait mon malaise, c’était bien la seule personne à être si clairvoyante.
    
    — Je ne devrais pas dire ça, mais tu me plais aussi, tu me plais même beaucoup, insista-t-elle sans se démonter. Il paraît ...
    ... qu’il ne faut jamais dire ça à un mec, qu’après il en profite. Mais moi, j’en ai envie, et tu n’es pas un mec comme les autres. Ça risque d’être compliqué entre nous, mais tu me fais vibrer.
    
    Je sentis une vague de soulagement et de joie m’envahir. Cette déclaration d’amour était inespérée. Tout ce temps, elle avait attendu que je fasse le premier pas. Qu’est-ce qui lui plaisait chez moi ? Je n’avais pourtant rien pour moi, ni la verve ni la prestance de ses copains d’école, je n’étais qu’un petit oiseau blessé méritant juste un peu de compassion.
    
    — Je… je suis désolé, balbutiai-je, sentant mes joues rougir. Je suis juste… vraiment trop timide.
    — Ce n’est rien de le dire, plaisanta-t-elle pour détendre l’atmosphère.
    — … mais je pense vraiment beaucoup à toi !
    — Mon « amoureux transi », il avait bien raison, le tonton.
    
    Elle éclata de rire. Puis, ayant certainement peur de me froisser, elle revint à son sourire, un sourire sincère et chaleureux qui illumina son visage.
    
    — Je crois que l’essentiel est dit et qu’on peut discuter normalement maintenant, afin d’apprendre à nous connaître ! conclut-elle, l’esprit tranquille. J’imagine que tu es puceau, mais ce n’est pas rédhibitoire pour moi. Contrairement à la rumeur, je ne suis pas une chaudasse, encore moins une Marie-Couche-Toi-Là, mes potes prenaient un malin plaisir à te faire bisquer, pour te foutre bien les boules. Mais je suis une fille normale, je crois… sensible et sentimentale, comme les autres filles, même si ...
«12...456...9»