1. Le Serpent - Chapitre 1


    Datte: 15/04/2026, Catégories: Accouplements Erotiques, Auteur: Cobalt_Blues, Source: Literotica

    ... pris une douche avant nous?
    
    La moustache du père se releva en marmonnant comme s'il s'adressait à lui-même.
    
    - Une douche tous les deux? Ma parole, Matthew s'est trompé de sœur.
    
    La mère fit un « chut! » indigné à son mari et la tante, en disparaissant, susurra un discret « si seulement, au moins elle serait soignée » dont elle ne cacha pas le ton dédaigneux.
    
    Cependant la chaleur demeurait lourde et le monde, exténué, finit par prendre congé.
    
    La chambre d'Aarya et de Matthew, comme toutes les autres, était rudimentaire. Un lit de bois dépourvu de pieds, posé à même le sol à la manière d'un futon, une armoire, une table de chevet, un tabouret et un bureau en formica occupaient la pièce dans un style des années quatre-vingt.
    
    Tout cela leur importait peu, pourvu qu'ils aient enfin leur propre chambre.
    
    Luxe inespéré : on remarqua un climatiseur fixé aux planches du mur. On alluma l'appareil qui toussa quelques bouffées de poussière brune en se mettant en route. L'appareil suintait un liquide sombre et indéfinissable, il branlait contre ses planches et grinçait de temps en temps, mais il avait le mérite d'exister. On se contenta du peu de fraicheur qu'il voulait bien leur offrir et s'allongea sur le lit que Rani avait fait.
    
    Matthew senti d'un coup peser sur lui l'écrasement de la fatigue caniculaire qui lui fermait les paupières, et il s'endormi.
    
    ***
    
    Son sommeil fut profond, hors du temps. Il les avait projetés au cœur de la nuit.
    
    Lorsqu'il rouvrit ...
    ... les yeux, la chaleur semblait encore plus forte alors que la nuit commençait doucement à s'échapper. Le vieux climatiseur fonctionnait malgré tout mais la machine rendait l'âme. Son ventilateur ne tournait plus rond et l'air qu'il soufflait n'avait plus grand-chose de froid.
    
    Matthew soupira, fixant le plafond de planches rongées par les termites. Une perle de sueur coula de son front. Il ne se souvenait pas d'avoir retiré le short qui lui servaient de pyjama. Pourtant Matthew se trouvait entièrement nu à côté d'Aarya, elle aussi en nage et dont un simple drap ne couvrait que les jambes.
    
    Sa conversation avec Sutya lui revint. Cela faisait en effet trop longtemps qu'ils allaient de grands oncles en grande tantes et de cousins en cousines. On dormait chez les uns et chez les autres, tantôt dans une promiscuité embarrassante et tantôt séparé d'Aarya. Deux semaines de célibat forcé et on osait, comble du comble, appeler cela des vacances.
    
    On avait cette fois-ci permis au couple de partager une chambre dans la maison ancestrale. C'était déjà bien, mais le confort habituel d'un hôtel trois étoiles ne lui aurait pas déplu.
    
    Il tourna la tête vers son épouse dont il distinguait la silhouette dans la peine-ombre bleutée de l'aube.
    
    Sa peau de chocolat se couvrait d'une rosée saline sur laquelle se dessinait par reflets les cambrures de son corps. L'indienne endormie transformée en paysage onirique étalait à la nuit déclinante ses vallées et ses lacs, érigeait dans l'aurore ...
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