-
Les lumières retrouvées de Noël
Datte: 10/04/2026, Catégories: nonéro, #merveilleux, fête, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... souffle pour qu’il revienne. À cet instant, un souvenir ressurgit avec force dans son esprit : celui d’un vieux livre d’enfant qu’elle avait un jour retrouvé, perdu sur une étagère oubliée. À l’intérieur, une illustration d’un sapin de Noël illuminé, éclatant de mille feux, l’avait transportée. Mais plus encore, c’était la légende inscrite en lettres d’or qui l’avait à jamais marquée : « Les lumières de Noël sont le reflet de nos cœurs. Ce sont eux, et rien d’autre, qui éclairent le monde autour de nous ». Ces mots résonnaient encore en elle, comme une vérité qu’elle avait cherché à faire sienne. Elle s’arrêta brusquement. L’étincelle qu’elle cherchait se trouvait dans chaque cœur ! Ce qui manquait à la ville pour s’illuminer à nouveau, ce n’était ni l’électricité ni des ampoules neuves, mais des cœurs battant les uns pour les autres, un lien unissant toutes les âmes des habitants aussi bien visibles qu’invisibles. Guidée par cette conviction, elle se tourna vers la rue où les silhouettes floues se dissipaient dans le noir. Elle savait désormais ce qu’elle devait faire : rallumer les cœurs engourdis. Noël était une période de magie où tout devenait possible. Alors pourquoi ce petit morceau de craie, brisé, mais toujours lumineux, ne pourrait-il pas faire jaillir la joie et redonner vie ? Alors qu’elle s’apprêtait à reprendre sa route, une petite voix douce, presque timide, murmura derrière elle : — Ta craie brille dans ta main… Elle doit bien dessiner ! ...
... Peux-tu m’en donner un bout pour que nous décorions la rue ensemble ? Toute seule, je n’y arriverai pas. Amelia se retourna et vit une minuscule étincelle briller dans les yeux de Sara, la paria. Sans hésiter, elle cassa la petite craie qu’elle tenait entre ses doigts, et à sa grande surprise, les deux morceaux étaient plus grands que l’original. Accroupies côte à côte, elles se mirent au travail, unies par une même ardeur. Des bruits de pas précipités, une cavalcade. Un enfant, sourd aux rappels de ses parents, s’arrêta devant elles, plein d’envie. — Je peux dessiner avec vous ? Je n’ai jamais vu de sapin de Noël. J’aimerais tant décorer celui que vous êtes en train de faire. Lorsqu’il reçut à son tour un long bâtonnet de craie qu’il pourrait lui aussi partager, ses prunelles, aussi sombres que la nuit, s’éclaircirent, laissant présager une aube nouvelle. À trois, ils se remirent à l’ouvrage avec une énergie renouvelée. Chaque trait tracé semblait réveiller un peu plus la ville. Des silhouettes émergeaient de l’obscurité, des ombres s’agenouillaient, des mains se tendaient, des sourires s’esquissaient, et les regards s’illuminaient. Chaque morceau de craie distribué devenait plus long, plus coloré. Le sapin, sur l’asphalte gris et froid, prenait vie, porteur de promesses d’espoir. Grand-mère Rose arriva, le visage radieux, les bras chargés de guirlandes qu’elle venait de tricoter de ses mains rajeunies, qui avaient retrouvé toute leur agilité. Monsieur Dubois ...