1. Les lumières retrouvées de Noël


    Datte: 10/04/2026, Catégories: nonéro, #merveilleux, fête, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    Du haut de la colline, assise sur la vieille souche du chêne coupé, Amelia, une petite fille aux yeux vifs et au cœur vaste, contemplait tristement la ville de Luminia, nichée au fond de la vallée. Le crépuscule irisait le ciel de teintes orangées, mais, en bas, Luminia demeurait sombre, pétrie d’obscurité, sans qu’aucune lumière ne brille. C’était comme si la ville avait été frappée d’une malédiction qui la condamnait à vivre dans le noir, chaque fois que le soleil plongeait derrière l’horizon.
    
    Au crépuscule d’un jour, la stupeur avait frappé les habitants : les lumières ne s’étaient pas allumées. On avait d’abord cru à une panne, comme cela s’était déjà produit dans le passé. Toutes avaient été vite réparées. Mais pas celle-là ! Rien n’y avait fait. Elle s’était prolongée. Les ingénieurs avaient tenté l’impossible, les savants avaient promis des explications. Personne n’était parvenu à résoudre ce mystère. C’était comme si une force inconnue s’opposait à tout retour à la normale.
    
    Les jours passant, l’attente avait cédé la place à l’incompréhension, l’incompréhension à la panique, la panique à la frustration et la frustration à la résignation. Tout le monde avait abdiqué, personne ne cherchait plus à élucider ce qui était arrivé. La privation de lumière avait poursuivi son travail de sape : Luminia s’était lentement vidée de toute énergie, se transformant en une cité morne, sans joie ni fantaisie. Son marché de Noël, autrefois célèbre pour sa splendeur, était tombé ...
    ... aux oubliettes. La torpeur avait gagné tous les habitants, qui n’avaient pas conscience d’avoir perdu bien plus que l’âme de leur ville : leurs regards, comme leurs cœurs, s’étaient obscurcis.
    
    Sauf pour Amelia. Elle croyait de toutes ses forces qu’une étincelle subsistait quelque part, prête à rallumer la flamme de Luminia. Il suffisait de la retrouver avant qu’elle ne s’éteigne, pour que tout redevienne comme avant…
    
    Après être redescendue de la colline, elle déambulait dans la ville plongée dans le noir, le cœur lourd de mélancolie. Au détour d’une ruelle, elle aperçut une fillette à la peau hâlée, accroupie sur le trottoir glacé. Avec des craies, celle-ci dessinait des motifs joyeux sur le sol, comme si elle cherchait à enjoliver le décor sombre et sinistre qui l’entourait, à y insuffler un peu de vie.
    
    Mais son œuvre fut rapidement interrompue.
    
    Le maire de Luminia, s’appuyant sur une canne, approcha à grands pas lourd. Son visage ridé et fermé révélait un mélange de lassitude et de contrariété. Il houspilla la fillette d’une voix sèche, la foudroyant du regard :
    
    — Va faire tes gribouillis ailleurs, sale gamine ! Ici, tu n’es pas sur un terrain de jeu !
    
    Sans attendre de réponse, il balaya d’un coup sec les craies de la pointe de sa canne. Elles volèrent dans toutes les directions, se brisant en retombant. Un silence tendu s’ensuivit. Le maire regretta aussitôt son emportement. Lui aussi, autrefois, avait cru pouvoir sortir la ville de son marasme. Mais toutes ...
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