1. Les lumières retrouvées de Noël


    Datte: 10/04/2026, Catégories: nonéro, #merveilleux, fête, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... leurs âmes s’étaient également assombries.
    
    À chaque pas, Amelia sentait la petite craie dans sa paume la tirer un peu plus en avant, comme si elle cherchait à la mener quelque part. Quelque part où l’étincelle, la vraie, celle qui pourrait tout rallumer, était cachée.
    
    À mesure qu’Amelia avançait, toujours guidée par la petite lueur vacillante, elle repéra les formes familières qui hantaient les rues depuis longtemps. Floues dans l’ombre, elles se précisaient peu à peu à mesure qu’on s’en approchait, ce que plus personne ne faisait, mis à part elle. Elle avait nommé ces silhouettes oubliées, ces êtres éthérés, presque transparents, les invisibles. Ils étaient là, comme toujours, errant dans les rues pavées, silencieux, leurs regards vides. Des ombres humaines, présentes, mais ignorées, imperceptibles pour ceux qui ne leur prêtaient plus attention.
    
    Mais le cœur vaste d’Amelia aspirait à tous les réconforter. Ses battements précipités tentaient de leur transmettre un peu d’amour, à défaut de lumière.
    
    L’éclat luminescent dans sa paume s’intensifiait comme pour lui signifier que l’objet de sa quête n’était plus si loin. Peut-être, songea-t-elle que l’étincelle qu’elle cherchait avec tant d’ardeur résidait au cœur même de ces invisibles, enfouie sous les couches de désespoir qui les ensevelissaient.
    
    Voulant en savoir plus, elle s’avança lentement vers l’une de ces silhouettes floues, tendant une main hésitante vers l’apparition fantomatique à peine visible.
    
    — ...
    ... Vous m’entendez ? demanda-t-elle doucement, de peur de briser quelque chose de fragile.
    
    Mais l’invisible ne réagit pas. Il poursuivit sa marche lente, le regard fixé droit devant lui, comme s’il n’avait pas perçu sa présence. Après tout, à quoi bon ?
    
    Amelia s’arrêta, le cœur lourd. Une tristesse immense l’envahit, comme si cette ombre portait en elle tout le chagrin de la ville. Elle fit un pas de plus, puis deux, et frôla finalement la main translucide. Un froid glacial la saisit, mais quelque chose changea. Le visage nébuleux, intrigué, se tourna vers elle, comme s’il remarquait, pour la première fois, qu’il n’était pas seul. Son regard, bien qu’indistinct, exprimait une douleur si profonde qu’Amelia en eut le souffle coupé. Puis, aussi soudainement que cela avait commencé, il détourna les yeux et s’évanouit dans l’obscurité.
    
    Amelia resta immobile, bouleversée par cette connexion trop brève. Ces invisibles étaient les reflets de l’âme perdue de la ville, les échos de tout ce qui avait disparu avec la lumière, laissant place à la solitude, à l’indifférence, et au repli sur soi.
    
    Quelque part, au cœur de la ville recouverte de son manteau sombre, l’étincelle ténue appela de nouveau, implorant Amelia de ne pas céder au désespoir. La petite craie, toujours nichée dans sa main, relaya cette supplique en brillant plus intensément que jamais : l’espoir, bien qu’enfoui, n’était pas éteint. Il couvait encore, prêt à refaire surface. Il suffisait d’un geste, d’un simple ...
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