1. Les lumières retrouvées de Noël


    Datte: 10/04/2026, Catégories: nonéro, #merveilleux, fête, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... ses tentatives avaient échoué, et il avait fini par abandonner. Alors à quoi bon ces dessins ? De toute façon, ils finiront par disparaître, effacés par les pas des passants qui ne les verront pas ou lessivés à la première pluie, se dit-il en s’éloignant, le dos courbé.
    
    Amelia, cachée derrière un mur, observait la scène avec indignation. Alors qu’elle s’apprêtait à intervenir, l’un des morceaux de craie, projeté haut dans les airs, tournoya lentement avant de retomber à ses pieds.
    
    Attristée, Amelia se pencha pour ramasser le petit bâtonnet blanc qui, miraculeusement, ne s’était pas fracassé en touchant le sol. Dès que ses doigts l’effleurèrent, un frisson glissa le long de son bras. Ce n’était pas un simple objet inerte qui servait à écrire ou à dessiner. Quelque chose de poignant s’y cachait. Elle sentait une présence imperceptible, une émotion oubliée, un écho du passé. Ce n’était pas effrayant, juste triste et accablant, comme le murmure de centaines de voix silencieuses cherchant désespérément à être entendues. La lumière faible qui émanait de la craie vacillait doucement dans l’obscurité, comme si elle n’attendait qu’une main pour la raviver.
    
    Amelia comprit que ce petit morceau de craie était en fait, une clé. Une clé vers quelque chose de perdu, qui n’attendait qu’à être retrouvé… Quelque chose de bien plus essentiel que la lumière artificielle que tout le monde avait cessé de chercher…
    
    Elle sentait le frémissement léger, mais insistant, contre sa paume. Le ...
    ... bâtonnet de craie luminescent désirait entrer en contact, lui révéler quelque chose, la guider telle une petite boussole. Sa lumière devenait plus vive à chaque pas qu’elle faisait… vers où, elle l’ignorait.
    
    Son cœur s’accélérait tandis qu’elle avançait, se laissant diriger à travers les ruelles ténébreuses de Luminia. La lumière vacillait parfois, hésitante, mais ne s’éteignait jamais, la conduisant toujours plus loin dans l’obscurité.
    
    Elle passa d’abord devant une petite échoppe vétuste, celle de Monsieur Dubois, un vieil horloger au visage terne et désabusé. Il se tenait à l’entrée, contemplant les montres et pendules brisées qui s’entassaient dans sa vitrine poussiéreuse. Autrefois, ses doigts habiles redonnaient vie aux mécanismes, mais aujourd’hui, il n’avait plus la force ni l’envie de les réparer. Il avait arrêté de saluer les passants qu’il ne remarquait plus. L’indifférence l’avait submergé, plongeant son être dans une ombre permanente.
    
    — Plus personne ne se soucie du temps, bougonnait-il tristement. Pourquoi réparer ce qui ne bat plus ?
    
    Amelia s’arrêta un instant, le cœur serré, mais la craie brillait plus fort, pressante, l’invitant à poursuivre son chemin. Plus loin, elle croisa Sara, la petite fille qu’elle avait vue quelques minutes plus tôt. Elle traînait dans la rue, la tête rentrée dans les épaules, recroquevillée sur elle-même, telle une ombre invisible. Ses dessins à la craie, aussi éphémères fussent-ils, restaient son unique moyen d’exister, ...
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