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Histoire des libertines (119) : Cora Pearl, l’extravagante.
Datte: 06/04/2026, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds
... version plus « sulfureuse », écrite lors de son séjour à Monaco, en 1873. Peu de temps après la publication de ses mémoires, en 1886, Cora Pearl tomba gravement malade d'un cancer à l'estomac. Trois mois après son décès, le reste de ses biens, lingerie, draps de lit, son dernier collier de perles, son portrait à cheval peint par François-Émile de Lansac (1803-1890), une cravache, une tenue d'amazone, sa bibliothèque de quatre-vingts livres et plusieurs perruques blondes, furent mis aux enchères. UNE DES REINES DU SECOND EMPIRE Cora Pearl, beauté anglaise flamboyante, avait le don de « faire rire les hommes qui s'ennuyaient », selon les mots de Virginia Rounding. Cora Pearl était particulièrement réputée pour avoir été innovante en matière d’esthétique, véritable découvreuse dans ce domaine. Elle faisait des apparitions toujours plus étonnantes et servit de modèles pour les autres femmes de son temps. Elle aurait notamment révolutionné la manière de se maquiller en lançant la mode d’ombrer les yeux, cils et paupières ainsi que l’usage d’une nouvelle poudre de fond de teint qu’elle aurait créée elle-même en y ajoutant des substances nouvelles qui donnaient un effet particulier. C’est également elle qui lança la mode chez les femmes de se teindre les cheveux, apparaissant parfois en rousse, sa couleur naturelle qui lui valut l’appellation de Lune Rousse parfois en blonde, ce que tout le monde remarquait. Dotée d’une personnalité originale et irrévérencieuse, ...
... célébrée dans la presse pour ses frasques et ses amours dissolues, elle maîtrisait parfaitement l’art de faire parler d’elle. Entretenant une allure sensuelle et féminine avec une silhouette mince et tonique elle fut incontestablement l’une des icônes féminines du Second Empire. Le journaliste Philibert Audebrand (1815-1906) la qualifia de « Phryné britannique », ajoutant qu’elle fut « une des plus brillantes étoiles dans le firmament du Second Empire. » Comme l’écrit Marc Lemonier, toute sa vie, Cora Pearl fit preuve d’absence de scrupules. Il faut toutefois se souvenir de ses origines, de son parcours et de ce qu’elle raconta au sujet de sa première expérience, qui s’apparenteait à un viol. Il faut aussi souligner son courage et sa générosité, lors du siège de Paris. La personnalité de Cora se résume bien à travers cet extrait de ses Mémoires : « Je n'ai jamais trompé personne, car je n'ai jamais été à personne. Mon indépendance fut toute ma fortune : je n'ai pas connu d'autre bonheur. *** REFERENCES Je renvoie aux chapitres consacrés à Cora Pearl dans les trois ouvrages suivants : - Joëlle Chevé, « Les grandes courtisanes » (First, 2012) - Marc Lemonier « La petite histoire des courtisanes » (Editions Jourdan, 2022) - Catherine Authier : Femmes d'exception, femmes d'influence - Une histoire des courtisanes au XIXe siècle (Armand Colin, 2015) On peut aussi mentionner en bibliographie : - Joanna Richardson : « Les Courtisanes : Le demi-monde au ...