1. Histoire des libertines (119) : Cora Pearl, l’extravagante.


    Datte: 06/04/2026, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... dans la capitale.
    
    Alexandre, qui est âgé de vingt-cinq ans, devint l'amant de Cora qui en a alors trente-sept. Alexandre Duval possédait une fortune personnelle, en plus de son héritage familial. Cora Pearl ne mit cependant pas longtemps à ruiner le jeune restaurateur.
    
    Duval payait l'entretien de son hôtel rue de Chaillot et d'une maison de campagne à Maisons-Laffitte. Il lui offrit également des cadeaux : voitures, attelages et même un livre composé de cent billets de mille francs reliés ! Il contracta pour elle des dettes exorbitantes. Inexorablement, les finances virent à manquer et la famille d'Alexandre décida de lui couper les vivres.
    
    Cora, sans le moindre remords, mit alors un terme à leur liaison et refusa de revoir Alexandre. Désespéré, Alexandre réussit à forcer la porte de Cora le 19 décembre 1872, malgré l'opposition des domestiques. Armé d'un révolver, il se dirigea vers la chambre de Cora. Il était convaincu qu'elle se trouvait avec un autre homme.
    
    Alexandre fit feu une première fois et ne blessa personne. Face à son échec, il retourna alors l'arme contre lui, devant sa maîtresse. La tentative de suicide échoua, la blessure n'étant pas mortelle. Cette histoire inspira à Émile Zola, dans son roman, Nana.la tentative de suicide de Georges Hugon.
    
    L'affaire fit d'autant plus scandale que certains gazetiers avides de sensationnel avaient exagéré la gravité des faits, en insinuant que Duval s'était tué, alors, qu'en réalité, sa blessure était ...
    ... superficielle.
    
    Les conséquences de ce tragique fait divers ne se firent pas attendre. Les autorités ordonnèrent l'expulsion du territoire de Cora Pearl., la courtisane britannique Deux jours après le drame, elle reçut la visite d'un commissaire de police qui lui intima l'ordre de quitter la France sans délai. Cora logea d'abord chez une amie à Monte-Carlo, puis partit pour Nice et enfin, Milan.
    
    SPLENDEURS ET MISÈRES D’UNE COURTISANE
    
    Son expatriation fut de courte durée mais sa réputation ne se remit pas de ce scandale. Ses meubles et effets mobiliers de son hôtel rue de Chaillot furent saisis à la demande de ses créanciers. Cora Pearl porta plainte et reprit possession de ses biens dès 1873. Elle vendit néanmoins sa propriété de Maisons-Laffitte, dont le dernier visiteur ne fut autre que le prince Napoléon, qui passa la nuit avec elle.
    
    Cora Pearl revint à Paris, après son exil forcé et reprit les activités de ses débuts, la prostitution. Elle ne retrouva jamais plus sa position dans la haute société et son existence de luxe. Cora mit en vente, à Drouot, toute son argenterie, en 1877, afin de s'acquitter de ses dettes. Elle se sépara également de son château de Beauséjour en 1885, déjà fortement hypothéqué.
    
    La publication de ses « mémoires » intervint peu avant sa mort. Des rumeurs coururent, selon lesquelles elle aurait été payée pour ne pas tout dire. Le livre aurait été rédigé, sous sa dictée, par un de ses amis, le comte Maurice d’Hérisson (1839-1898), à partir d’une ...
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