1. Histoire des libertines (119) : Cora Pearl, l’extravagante.


    Datte: 06/04/2026, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... plusieurs années durant. Le prince, en tant que bienfaiteur et protecteur, n'hésita pas à lui offrir deux splendides hôtels particuliers, l'un, rue de Chaillot (16e arrondissement) et l'autre, rue des Bassins (actuelle rue Copernic).
    
    Quand « Plon Plon » entra dans sa vie, les tarifs de Cora, déjà élevés, grimpèrent encore, pour atteindre 12.000 francs la nuit. Le prince n’exigeait pas l’exclusivité. Il lui demandait seulement de ne pas s’afficher avec ses autres amants.
    
    Cora ne se privait pas pourtant, ajoutant alors à son tableau de chasse des diplomates, les princes Anatole Demidoff (1812-1870), Alexandre Gortschakoff (1798-1883), ministre russe des affaires étrangères ou encore le richissime Khalil Bey (1831-1879), avec qui elle découvre « l’amour à l’oriental », lent, savant et raffiné, tout le contraire de la « rapidité » de Napoléon III ou de la vulgarité de « Plon Plon ». Le peintre Gustave Doré (1832-1883), fou amoureux de Cora, lui offrit en vain le mariage.
    
    Elle plaisait à l'empereur et on l'avait vue à ses côtés au bois, dans sa calèche. Cora reconnut, dans ses Mémoires, qu’il « l’aurait essayé, une fois » !
    
    La fin du Second Empire fut la période faste et l'apogée de Cora Pearl. Sa fortune s’accroissait considérablement et comme la plupart des demi-mondaines, elle dilapidait des sommes folles. Au cours de cette période, elle acheta plus de soixante chevaux et dépensa même pour l'un d'entre eux la somme de 90.000 francs.
    
    Elle justifiait son appât du ...
    ... gain uniquement pour assurer le train de vie imposé par la fréquentation des hommes les plus riches et les plus influents de l'Empire. La réussite des puissants se voyait dans la magnificence de leurs maîtresses.
    
    Cora Pearl eut même une carrière artistique, se produisant en 1867 au théâtre des Bouffes-Parisiens, dans « Orphée aux Enfers », de Jacques Offenbach. Elle avait assez de talent musical pour interpréter le rôle de Cupidon et apparut sur scène seulement vêtue de ses diamants ! Chaque soir, un diamant tombait et roulait, jamais elle ne le ramassait : c'était le pourboire des machinistes.
    
    La chute de l’empire amorça le déclin de Cora Pearl. Pendant le siège de Paris, elle transforma son hôtel particulier, rue de Chaillot, en hôpital et s'improvisa infirmière.
    
    Elle finit par quitter Paris en ballon, avec deux de ses amants, proches du prince Napoléon, qu’elle rejoignit en Angleterre et qu’elle accompagna à Brighton, puis en Suisse.
    
    À son retour en France, elle se retrouva dans une situation précaire. Ce qui restait de sa fortune avait financé la transformation de son hôtel particulier en hôpital et, désormais, elle n’avait plus de protecteur.
    
    L’AFFAIRE DUVAL
    
    En 1872, Cora Pearl rencontra Alexandre Duval (1847-1922), un riche entrepreneur. Son père, Adolphe-Baptiste Duval, avait fait fortune, en ouvrant à Paris, les Bouillons Duval, une chaîne de restaurants à bon marché. À la mort de son père en 1870, Alexandre Duval est à la tête de douze restaurants ...
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