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Histoire des libertines (119) : Cora Pearl, l’extravagante.
Datte: 06/04/2026, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds
AVERTISSEMENT : J’ai déjà évoqué, dans cette rubrique, de célèbres courtisanes du Second Empire. Sur ce sujet, je renvoie à la lecture de « Histoire des libertines (50) : femmes d’influence à l’époque du Second Empire », paru le 23 décembre 2019 ». Le Second Empire fut sans nul doute l'âge d'or des courtisanes françaises, devenues idoles de leur époque, femmes légendaires, dont la richesse et le pouvoir étaient stupéfiants, dont la beauté, la force de séduction ont vaincu la raison des hommes. Cora Pearl (1836-1886) fut, elle aussi, l’une de ces « grandes horizontales », qui marquèrent la « Fête impériale ». *** L’UNE DES PLUS CELEBRES COURTISANES DU SECOND EMPIRE Célèbre demi-mondaine, elle séduisit la plus haute aristocratie au cours de la période du Second Empire, notamment le prince Napoléon et le duc de Morny. Cora Pearl était d’origine britannique. De son vrai nom Éliza Emma Crouch, elle naquit à Plymouth le 17 décembre 1836, quelques mois seulement avant l'introduction de l'état civil en Angleterre et au Pays de Galles. Cora Pearl prétendit être née en 1842 et utilisa, pour le justifier, l'acte de naissance de sa sœur Louisa Élizabeth, en le falsifiant. Le certificat original de Louisa Élizabeth Crouch est daté du 23 février 1841. Cora Pearl réalisa un faux grossier, en remplaçant le premier prénom de Louisa en Emma, puis modifia l'année 1841 en celle de 1842. Son père était le violoncelliste et compositeur Frederick Nicholls Crouch (1808-1896). ...
... Il épousa, en 1832, Lydia Pearson, professeure de chant. En 1841, Crouch retourna à Londres, laissant sa femme et ses filles à Plymouth. En 1843, il se remaria, puis, pour échapper à ses créanciers, il partit en 1849 aux États-Unis pour exercer sa profession de musicien. Afin de subvenir aux besoins de ses enfants, Lydia vécut maritalement avec un nouveau compagnon, Richard William Littley, et décida d'envoyer Emma dans une école religieuse en France. Elle fut placée dans un pensionnat à Boulogne-sur-Mer pendant deux ans puis dans une autre institution à Calais, où elle resta sept ans. Par la suite, Emma séjourna deux ans chez sa grand-mère à Jersey, qui la plaça chez un modiste réputé à Londres. Dans cette maison, elle fit la connaissance du baron Oelsen et vécut un an avec lui, avant de devenir la maîtresse d'un propriétaire de cabaret londonien, Robert Bignell, de dix ans son aîné. En mars 1858, Robert Bignell emmena Emma à Paris. Après un séjour d'un mois, Robert voulut rentrer en Angleterre, mais Emma décida de rester en France. LES DÉBUTS D’UNE FEMME GALANTE Emma aimait les plaisirs charnels. Elle devint une femme entretenue, au service d'un proxénète du nom de Roubise, qui lui procura de nombreuses relations. Elle prit l'habitude de tenir un registre de ses clients avec leurs noms, des détails intimes au sujet de leur vie privée et même des commentaires assez crus sur leurs performances ! En 1864, à la mort de Roubise, Emma, devenue libre, s'installa ...