1. Garimpeiros


    Datte: 06/04/2026, Catégories: #aventure, amour, Auteur: Someone Else, Source: Revebebe

    ... d’or ! C’est bien simple, il ne se passe pas une semaine sans que je ne trouve deux ou trois pépites de quelques grammes. Ben oui, quand même, faut pas rêver…
    
    Mais, dans ce milieu, il y a un certain nombre de règles à suivre : d’abord, quand bien même tu en aurais plein les poches, tu dois toujours te balader avec des fringues dont, en France, ton mécano ne voudrait pas même pour torcher une jauge à huile. Ensuite, et assez logiquement, prétendre que t’es tout le temps raide comme une barre, quand bien même tu ne l’es pas. Et puis encore, quand tu vas quand même boire un coup avec les « copains », tu ne dis jamais que t’as trouvé quelque chose, sans quoi le flingue que tu portes à la ceinture (et l’on m’a vivement conseillé de me procurer lorsque je suis arrivé) pourrait bien ne plus être que décoratif. Et, pour plus de vraisemblance, tu dois aussi laisser des ardoises partout : quand tu vas chercher une boîte de haricots ou un manche de pioche au drugstore local, tu dois toujours sortir un grand numéro de flûte pour n’en payer qu’une partie vu que le reste, promis, tu le régleras la semaine prochaine…
    
    À côté de ça, il faut savoir que si tu creuses comme un forcené pendant trop longtemps tout en prétendant que tu ne trouves rien, ça risque fort d’éveiller les curiosités : du coup, de temps en temps, vaut mieux se rendre à la ville pour revendre, dans mon cas, une toute petite partie de l’or que tu as trouvé à Miguel – une sorte de banquier à la mode de là-bas – qui se ...
    ... trouve être l’un des seuls types véritablement fiables à cent bornes à la ronde.
    
    Ensuite, tu vas régler tes ardoises et, pour finir, tu te retrouves à l’Eldorado, une espèce de truc qui fait hôtel, café, essence et bordel (merci Bernard) et c’est là que j’assiste à une scène, comment dire… Surprenante.
    
    Imaginez une fille d’une vingtaine d’années aux longs cheveux crépus tout juste vêtue d’un jean moulant et d’un débardeur qui a sans doute été blanc dans une autre vie aux prises avec cinq mecs pourtant bien plus gaulés qu’elle… Mais il n’empêche que, sous le regard amusé des autres clients, elle vient déjà d’en allonger trois, le quatrième est dans un coin à recompter ses dents et le cinquième ne va manifestement pas tarder à rejoindre les autres.
    
    Et le meilleur, c’est que quelques minutes plus tard, et alors qu’elle n’a que vaguement pris le temps de se recoiffer, elle est simplement de retour au travail. Et oui, d’après les autres types qui viennent d’assister à la scène, Claudia – c’est son nom – est, selon les heures et ses humeurs, serveuse, entraîneuse, strip-teaseuse et même un peu pute à ses heures pour autant que le type lui plaise. Et dans le cas contraire, ben… Faut demander à l’un des cinq types qui sont allongés dans la rue.
    
    N’écoutant que mon courage – ou mon inconscience, c’est selon – je me risque à aller la voir.
    
    — Dis-moi, jolie demoiselle, si je t’invite à prendre un verre, je vais finir comme les autres dehors ?
    — Si t’es correct et que tu ...
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