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Garimpeiros
Datte: 06/04/2026, Catégories: #aventure, amour, Auteur: Someone Else, Source: Revebebe
... paies avant de toucher, je ne pense pas… — Parce que eux, ils ne l’ont pas été ? — Tu peux le dire. Une bière ? La bière est, dans ce coin paumé et à défaut d’être particulièrement bonne, le seul truc qui ne soit pas trop frelaté et qui, a priori, ne veuille pas tout de suite votre peau. Parce que j’ai voulu une fois goûter à une espèce d’alcool de pied de chaise local qui, alors que je n’en avais bu que deux verres, m’a valu huit jours d’une invraisemblable gueule de bois avec dégueulage à tous les étages que je ne suis pas près d’oublier. — C’est quoi ton nom ? — Édouard… Mais tu peux m’appeler Eduardo, comme tout le monde. Je suis français. — Cela s’entend. Moi, c’est Claudia et je suis… Je la vois sourire de ce que je sais être la ritournelle qu’elle va me servir comme elle l’a sans doute déjà fait à des dizaines d’autres types qui ont croisé son chemin. — … métisse d’Indienne et de SS. (Pour ceux qui n’auraient pas la référence, je redis « merci Bernard ») Ce n’est un secret pour personne – et encore un peu moins là-bas que chez nous – en 1946/47 l’Argentine et le Brésil ont vu débouler tout un tas de grands blonds aux yeux bleus avec, en plus de l’accent allemand, un méchant balai dans le cul et sans doute pas mal de sang sur les mains. Mais comme ils se pointaient également les poches pleines, certains et surtout certaines n’ont pas fait la fine bouche avec, à la clé, quelques mélanges un peu contre nature, mais plutôt piquants comme ...
... Claudia. On discute un peu de tout et de rien… Du temps, de machin qui vient de se faire dessouder, de truc qui en aurait trouvé une assez grosse pour repartir chez lui et, bien sûr, de l’or que je ne trouve pas, vu que bien évidemment, je lui sers la même salade que je sors aux autres, je ne vois pas du tout pourquoi elle serait plus fiable que tous ceux qui m’entourent. Bref, d’elle ou de moi, je ne sais pas qui déblatère le plus grand nombre de conneries, mais, en vérité, je m’en tamponne le coquillard avec une patte d’alligator femelle. (merci San-A, cette fois) — T’as cinq dollars ? — Euh, oui, pourquoi ? — File-les-moi et on monte. Pour les autres c’est dix dollars, mais j’ai envie. Et magne-toi avant que je ne change d’avis. Inutile de vous dire que je suis cueilli. Maintenant, je n’ai strictement aucune expérience avec ce qu’il faut bien appeler les putes et encore un peu moins avec celles de ce patelin… Traquenard ou arnaque ? De toute façon, il doit me rester royalement six ou sept dollars dans ma poche, celui qui aurait l’idée saugrenue de me braquer n’irait pas loin avec cela. Quant à l’or que j’ai trouvé, il est chez Miguel, mais personne ne le sait d’autant que pour donner le change, je dis que je lui emprunte régulièrement un peu de flouze pour payer le gazole… Résultat, je suis Claudia dans l’escalier même si c’est un peu en me demandant si c’est du lard ou du cochon. Sa piaule, sans surprise, est grande comme un placard avec, en plein milieu, un ...