1. Le train de la vie


    Datte: 03/03/2026, Catégories: #journal, #réflexion, #psychologie, #nonérotique, #confession, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... l’enceinte infranchissable qui emprisonnait son esprit. Mais elle remarqua autre chose, bien plus importante : de petites feuilles toutes jeunes poussaient sur les branches les plus hautes, s’étirant vers un ciel bleu qu’elle n’avait jamais remarqué.
    
    Une larme roula sur sa joue.
    
    — Il n’y a pas de murs assez hauts pour contenir la vie, entendit-elle.
    
    Lorsqu’elle sortit du rêve, une étrange pulsation palpitait en elle…
    
    Les jours suivants, Maryse continua à explorer ses souvenirs à travers ses rêves éveillés. Chaque wagon qu’elle visitait révélait une part d’elle-même qu’elle croyait à jamais perdue. Ces images révolues, mais bien ancrées en elle lui affirmaient que, malgré les ténèbres, la lumière avait toujours existé et qu’elle continuerait à briller. À elle de décider de s’y immerger à nouveau !
    
    Elle comprit peu à peu que ce train symbolisait sa propre vie : un souffle ininterrompu, une force silencieuse qui refusait de s’arrêter, même au plus fort de l’adversité. Chaque wagon représentait une facette d’elle-même, une étape de son histoire, avec ses joies et ses douleurs.
    
    Le train de sa vie était venu la chercher. Pour qu’elle avance malgré tout, peu importaient les obstacles. Rien ne devait l’arrêter. Ce serait sa plus belle revanche sur son agresseur qui avait tenté de l’éteindre, de lui voler son souffle.
    
    Tchou-tchou, siffla la locomotive lancée à pleine vitesse.
    
    Le temps passa…
    
    Maryse sortit de son isolement morbide et réapprit, petit à petit, ...
    ... à vivre. Le train ne quittait pas son cœur, veillant sur elle comme un guide silencieux. Il l’encourageait, et, dans ses moments d’épuisement, lui offrait un refuge dans un wagon imaginaire, le temps de retrouver des forces. Toujours, il lui murmurait, ce qui devint son mantra de chaque instant :« Reste sur tes rails, avance, vois, admire ce qui t’entoure. Ne t’arrête pas, ne me condamne pas à la ferraille. »
    
    Bien plus tard, elle se mit à écrire. D’abord hésitants, ses mots trébuchaient sur la douleur qu’ils voulaient exprimer. Mais à chaque ligne, une lumière fragile perçait à travers les fissures de ses murs. Peu à peu, ces fissures s’élargissaient, laissant entrer une clarté nouvelle. Chaque phrase posée sur le papier était une victoire contre le silence oppressant qui l’avait enfermée.
    
    À force de persévérance, l’écriture devint une libération. Ses idées se clarifièrent, ses phrases s’affirmèrent. Elle voyait l’arbre de sa cour s’élever : ses racines s’enfonçaient profondément, ses branches franchissaient les murs qui, jadis, semblaient insurmontables.
    
    Un jour, en relisant ses écrits, une idée germa. Elle voulait partager son histoire. Non pas pour émouvoir ou apitoyer, mais pour montrer qu’il est possible de renaître. Pour dire à ceux qui se croient perdus que les peurs, les douleurs, aussi écrasantes soient-elles, ne sont jamais définitives. Elle voulait aussi le faire pour elle-même : exprimer à haute voix ce qui lui était arrivé pour s’en exorciser et ainsi, ...
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