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Le train de la vie
Datte: 03/03/2026, Catégories: #journal, #réflexion, #psychologie, #nonérotique, #confession, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... distinct, comme si le train s’approchait. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle n’était plus dans sa chambre, mais sur un quai. Tout était flou, irréel, comme dans un rêve, un rêve rassurant… pas un cauchemar. Le train, majestueux, arriva, la locomotive étincelante en tête. Ses wagons brillaient d’une lumière dorée, et son souffle puissant semblait l’appeler. — Qu’attends-tu pour monter, lui murmurait-il. Elle hésita. La peur lui nouait le ventre. Une force douce, mais ferme la poussait en avant. Elle monta une marche, puis une autre. Lorsqu’elle pénétra dans le premier wagon, elle fut surprise par ce qu’elle vit. Un jardin s’étendait devant elle. Au centre, une balançoire accrochée à la branche d’un arbre. De nouveau, elle entendit le rire clair et joyeux… celui d’une petite fille. C’était elle qui se balançait, s’élançant dans les airs, les cheveux au vent. Elle vivait intensément le moment présent, sentant la caresse du vent lui effleurer le visage. Elle riait à gorge déployée. Et puis, brusquement, elle se sentit partir en avant et tomba lourdement sur le sol. Elle n’eut pas le temps de réaliser ce qui lui arrivait que, déjà, une silhouette l’aidait à se relever. Celle-ci frotta son genou endolori de la main… — Ne pleure pas, ma puce, ce n’est qu’un petit bobo dont tu guériras vite. Il n’y a pas de mal dont on ne se remet pas, ajouta cette dernière avec douceur. Là, dans ce wagon, c’était comme si ce souvenir la touchait à nouveau…« Pourrait-elle guérir ? ...
... ». Tac-tac… tac-tac… tac-tac… Le bruit du train résonna, retentissant. Une porte s’ouvrit au fond du wagon, l’invitant à passer au suivant. Une voix douce, presque familière qui lui rappelait la sienne, avant, murmurait dans son cœur : — Entre, Maryse. Continue ton voyage. Elle fit un pas, s’avança et franchit le sas. À l’intérieur de la seconde voiture, elle se vit assise à une petite table d’écolier, au milieu d’autres enfants amicaux et attentifs. Une maîtresse pleine de patience lui montrait comment tracer les premières lettres de l’alphabet. Maryse sentit son cœur se serrer à cette vision. Elle la contempla longuement, revivant le plaisir simple d’apprendre, d’être entourée, bien vivante. Elle continua son exploration, avançant d’un wagon à l’autre. Dans le suivant, elle était dans le jardin de sa grand-mère. L’air était embaumé par le parfum des fleurs colorées. La vieille femme riait, les mains couvertes de terre, lui montrant comment planter un petit arbuste. Mais lorsqu’elle atteignit le wagon sombre, elle se tétanisa. L’espace ressemblait à une cour carrée, entourée de murs immenses et oppressants. En son centre, un arbre frêle luttait pour grandir, ses racines s’enfonçant péniblement dans le sol stérile. Malgré son épouvante, elle s’approcha, sa main tremblante se leva et se posa sur le tronc chétif. — C’est toi, murmura une voix intérieure.Cet arbre, c’est toi. Elle comprit alors que cet espace représentait les séquelles de son traumatisme, ...