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Le petit Français
Datte: 01/03/2026, Catégories: init, #nostalgie, fh, jeunes, campagne, revede, Auteur: tatamarie, Source: Revebebe
Nous sommes en avril 1968, un mois avant mai. Plus précisément pendant les vacances de Pâques, en Allemagne. Je suis dans un camp de vacances, en tant que moniteur. C’est un camp un peu particulier, organisé par une association qui œuvre pour le rapprochement des jeunes entre la France et l’Allemagne. Ce sont tous des enfants de dix à seize ans, trois groupes de trente à quarante enfants chacun, mixtes, d’origines très différentes, un groupe de Berlin-Ouest, un de Munich et le troisième de Rouen. Il y a donc un problème de langue, pour des gamins de cet âge cela ne pose en général pas trop de problèmes, ils se débrouillent, et certains font allemand seconde langue à l’école. Le problème est plutôt au niveau des adultes, eux ne font pas beaucoup d’efforts, c’est quelquefois assez compliqué entre moniteurs. C’est là que j’interviens, comme je suis bilingue j’officie aussi comme interprète. Ce n’est pas très facile de traduire en temps réel, le premier jour le directeur, allemand, a fait un discours de bienvenue que je devais traduire pour le groupe des Français. Je pense que j’ai loupé quelques morceaux de phrase. Mais dans l’ensemble le camp se passe bien, les enfants sont mélangés dans les groupes, les moniteurs aussi. Étant donné ma fonction, je ne suis pas affecté à une équipe précise, j’interviens quand cela est utile. Une grande partie du boulot concerne la grande soirée. Comme toute colonie de vacances qui se respecte, il est prévu une soirée, où tous les ...
... groupes présentent un petit spectacle. Comme il faut que cela soit compréhensible par tout le monde, j’ai pas mal de boulot. Le camp est composé d’un bâtiment principal, en béton, avec l’administration, le réfectoire, les réserves, etc. Autour, il y a six baraques, en bois, chacune avec un dortoir d’une quarantaine de lits, un bloc de douches et toilettes, et trois chambres de moniteurs, avec deux lits chacune. Nous n’étions pas une colonie très nombreuse, seules trois baraques étaient utilisées. Dans toute colonie de vacances, que ce soit en France ou en Allemagne, les moniteurs ont aussi leur troisième mi-temps. Une fois les enfants au lit et calmés, on se retrouve pour boire et manger, le cuisinier nous laisse en général de quoi festoyer, sinon, nous connaissons le chemin des chambres froides. Groupe de douze ou quinze jeunes femmes et hommes, entre vingt et vingt-cinq, tous célibataires, au moins le temps de la colonie, nous faisons aussi autre chose que boire ou manger. Les Françaises et les Français avaient du succès, une réputation peut être surfaite, mais ça marchait à l’époque. Il y avait une très jolie jeune femme, allemande, que je trouvais très belle, longs cheveux blonds, un beau corps, des seins hauts pas trop volumineux. Quand elle passe en débardeur et en short, elle attire tous les regards, les langues pendent et gouttent comme celle du loup. Elle s’appelle Gisela, en allemand gi se prononce comme dans Guy, et non pas ji. Mais elle semble bien ...