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Le petit Français
Datte: 01/03/2026, Catégories: init, #nostalgie, fh, jeunes, campagne, revede, Auteur: tatamarie, Source: Revebebe
... présente à son père qui est aussi à la maison, il me semble un peu austère, mais j’apprendrai à le connaître un peu. Pour l’instant, il est un peu directif. J’ai l’impression qu’il n’a pas vraiment envie que je passe la nuit sous le même toit que sa fille, il m’a donc réservé une chambre dans le petit hôtel du village. À ses frais, il précise tout de suite, il doit bien deviner que je n’ai pas les moyens. Gisela m’accompagne à cet hôtel, typique des villages allemands. Il y a d’un côté une boucherie, de l’autre un café restaurant, avec quelques chambres au-dessus. Monsieur est boucher charcutier, madame s’occupe du café, en général on y mange bien, surtout la viande, évidemment. Mais ici aussi la vertu de Gisela est protégée, avec la patronne qui fait filtre. Le soir je suis invité chez Gisela pour le dîner, je vais connaître la famille. Comme ils ont aussi du vin en Allemagne, j’ai plutôt apporté une bouteille de pastis, ils ne doivent pas connaître. Autour de la table, la discussion porte surtout sur mai 68 qui vient de passer, et, surprise agréable, le père de Gisela n’est pas un bourgeois ranci qui critique les étudiants, mais un syndicaliste qui soutient les grèves et (un peu) les manifestations. La bouteille de pastis vient sur la table à la fin du repas, ils s’imaginent que c’est un pousse-café ! j’explique ce qu’est le pastis, et on convient que l’on testera le lendemain en apéro. Gisela passe me prendre à mon hôtel le matin, elle me propose de ...
... faire un petit tour touristique. Nous prenons un bus pour aller dans la petite ville proche, équivalent du chef-lieu de canton. C’est très joli, il y a pas mal de maisons à colombage, beaucoup sont encore anciennes, ils ont eu de la chance ici, il n’y a pas eu trop de destructions durant la guerre. C’est une promenade très agréable, les maisons brillent sous un soleil chaud mais pas brûlant. Elle m’emmène à midi dans un petit restaurant, près du marché, il est réputé notamment pour une spécialité allemande, le schnitzel, l’escalope panée. Après une dernière promenade digestive, nous reprenons un bus pour rentrer. Elle me fait traverser son village, on se promène gentiment, il n’y a pas beaucoup de sites touristiques, c’est un village allemand classique. Quelques fermes, mais la plupart des gens travaillent dans des industries aux alentours, comme son père, même si son grand-père était paysan. Au bout du village nous arrivons dans un joli parc, planté de trois rangs de peupliers, le long d’une petite rivière. Endroit idyllique, très romantique, fin août, les peupliers commencent à jaunir, loin de tout il n’y a que le chant des oiseaux. On s’installe sur un banc, pris par le romantisme ambiant, elle se colle contre moi, pose sa tête sur mon épaule, et me demande : — Heureux, mon petit Français ? Je reste interdit, dans mes souvenirs il n’y a que Renata, il y a quelques mois, qui m’appelait comme cela, et c’était plutôt « plus vite, mon petit Français » ou « ...