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L’Ukrainienne et le campeur en rut
Datte: 22/02/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Antoine-LRH, Source: Hds
... l’air. Boire un café. Faire durer cette parenthèse. Mais ce soir, je n’ai pas pris le chemin direct. J’ai flâné dans les allées, mon pas lent, mes pensées ailleurs. Il faisait encore chaud, une chaleur dense, humide, presque lourde. J’ai remonté l’allée où, plus tôt dans l’après-midi, j’avais vu ces corps parfaits tremper au bord du bassin. Et là, suspendu sur une corde à linge improvisée entre deux petits arbres, il était là. Le maillot vert. Celui qui m’avait obsédé toute la fin de journée. Un haut triangulaire minuscule, à peine froissé, et ce fameux bas, ce string à peine plus large qu’un lacet. L’image de ses fesses me revint en flash. Mon sexe se tendit aussitôt dans mon short. Je me suis éloigné. Lentement. J’avais envie de me perdre, d’allonger ce moment de solitude. J’ai fini par atteindre le bar du camping. Ambiance très différente de la veille. Ça riait, ça trinquait, ça s’agitait. Les équipes étaient là, alignées autour de grandes tables. Des verres de bière, des cris dans toutes les langues, des corps relâchés, bronzés, heureux. Je commandai un café, et je me suis installé seul à une table un peu en retrait. L’ombre me cachait, mais j’avais une vue parfaite sur la salle. Je l’ai cherchée du regard. Et elle est apparue. Maria. Je ne connaissais pas encore son prénom, mais je l’ai su dès que mes yeux se sont posés sur elle. Elle était là, debout, un verre de Coca à la main. Pas de bière. Pas de rires. Elle avait l’air ailleurs. Son ...
... visage était fermé, ses yeux absents. Elle ne riait pas. Elle ne regardait personne. Son téléphone vibra. Elle décrocha. Je la vis froncer les sourcils, répondre brièvement. Elle parlait fort, en ukrainien, mais son ton n’avait rien de joyeux. Son corps tendu, ses gestes saccadés, tout chez elle respirait la colère, la douleur. Quand elle raccrocha, ses yeux étaient rouges. Elle resta encore un peu avec ses coéquipières. Puis, sans prévenir, elle s’est levée, a posé son verre, a salué brièvement, et s’est dirigée vers la sortie. J’ai eu un réflexe. L’envie de la suivre, de la rattraper, de lui dire viens, on parle, on marche, je t’écoute, je te touche si tu veux. Mais je suis resté là, à faire semblant de scroller sur mon téléphone. Mon cœur battait vite. Je suis resté encore une demi-heure. Un autre café, un brin de conversation avec la serveuse — toujours aussi sexy, mais ce soir-là, elle n’existait pas pour moi. Mon esprit était ailleurs, troublé, agité. Il se faisait tard. Je me suis levé. Mais mon corps ne voulait pas rentrer tout de suite. J’ai tourné, volontairement, dans l’allée des Ukrainiennes. Et là… elle était là. Assise seule, en tailleur sur les petites marches en bois de son mobil-home. Elle ne m’a pas vu tout de suite. Elle avait le visage dans les mains. La tête basse. Une épaule tremblait. Elle pleurait. Mon cœur s’est serré. D’abord de tendresse. Puis de désir, mêlé à cette tendresse, un mélange trop puissant pour être ignoré. ...