1. L'évènement - muse et homme


    Datte: 16/02/2026, Catégories: fh, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe

    ... demande-t-elle encore quand ma bouche dégringole vers le bas de son dos.
    
    J’élude sa question et fais diversion.
    
    — Ma petite chérie, tu as le plus adorable petit cul rond de l’univers, lui dis-je en caressant ses fesses.
    
    Je palpe résolument les jumelles claires tout en continuant à couvrir son dos de bisous. Lorsque mes mains, insupportables dévergondées, écartent légèrement les quartiers de lune pour faire apparaître le sillon, Lina se rebiffe et se retourne vivement vers moi.
    
    — Hé-ho, fantassin, ne va surtout pas imaginer planter ton drapeau de ce côté-là !
    
    Ouf, elle a retrouvé son sourire et son mordant. Comme je souris moi aussi, elle ajoutemezzo voce :
    
    — Pas ce soir en tout cas…
    
    Je ris franchement et surtout, j’apprécie la précision donnée qui ouvre quelques perspectives, topo-géographiques certes, mais surtout… temporelles : «Pas ce soir ». C’est là une précision capitale : plus tard alors ? Une autre fois, signifiant l’éventualité d’une histoire entre nous, au-delà d’une simple aventure d’un soir ? Nous envisagerait-elle un avenir ? Trop beau pour être vrai ! Il faudrait qu’elle ait vraiment flashé sur moi !
    
    Lina a retrouvé son air de chien battu.
    
    — Sois franc, insiste-t-elle, vraiment, tu n’es pas dégoûté ?
    — Tu es une véritable déesse Lina, je persiste et je signe, et le… chaos de ton dos ne fait que sublimer la perfection de ton corps fabuleux rehaussé, que dis-je, illuminé par la clarté céleste de ton regard.
    
    Je marque un temps d’arrêt ...
    ... et me lance :
    
    — Sache, et tant pis si je passe pour un fou, sache que je sais d’ores et déjà que tu ferais de moi le plus heureux des hommes si tu acceptais de devenir ma déesse ! Pas juste là maintenant, pas ce soir seulement, mais bien au-delà de cette nuit ! Pour mille et une nuits et bien d’autres encore.
    
    Cette déclaration spontanée dont je voudrais qu’elle puisse comprendre l’immense sincérité, ces mots totalement insensés mais dont je sais qu’ils sont parfaitement raisonnés à défaut d’être raisonnables, mes tournures d’une autre époque qui m’ont souvent fait passer pour un Jean de la Lune, ridicule rimailleur à quatre sous, ces mots, mes mots, statufient un instant la belle. Il faut croire qu’elle en est touchée car ses yeux embués débordent : des larmes barrent ses joues alors qu’un merveilleux sourire illumine ses traits. Comme je m’approche d’elle, elle ne se dérobe pas et je dépose un léger baiser sur sa bouche. Lina se jette contre moi, m’offre ses lèvres et nous nous étourdissons dans un profond baiser asphyxiant. Et nos bouches refusent de se quitter, et nos lèvres se retrouvent encore et encore, et nos langues s’agacent et s’affrontent dans de délicieux combats.
    
    Oh, Vénus-Lina, je connais maintenant le goût de ta bouche ! Et j’adôôôre !
    
    — Oh, Jules, si tu savais ce que certains connards m’ont fait subir, les moqueries…
    — Tais-toi ! Oublie !
    
    Je l’attrape sous les fesses, la soulève, elle s’accroche à mon cou et je la porte, comme une jeune mariée ...
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