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L'évènement - muse et homme
Datte: 16/02/2026, Catégories: fh, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
... père (quelquefois celui de la mère) suivi du suffixe « son » (fils de) ou bien « dottir » (fille de). Ainsi, à son prénom, Sólbergur se voit associer le prénom de son père Boas + le suffixe « son » Boasson. ooo000ooo La montée est plus difficile que je ne l’avais pensé. L’énorme moraine, amas de sédiments, de débris de roches, est particulièrement instable. J’ai l’impression de marcher dans une profonde neige poudreuse où je m’enfonce régulièrement en provoquant des coulées qui pourraient me faire glisser, tomber, voire dégringoler de plusieurs mètres. Je dois rester vigilant à chaque instant et fournir des efforts que je n’avais pas imaginés. C’est avec un véritable soulagement que j’arrive en haut de la moraine de tillite. Je suis vanné, lessivé comme si j’avais grimpé depuis trois heures alors que cela ne fait à peine (je regarde ma montre : ah oui quand même !) près de deux heures. Je souffle, j’observe la paroi qui m’attend, la trouve finalement nettement moins à pic que vue d’en bas et je réalise que ses strates étagées faciliteront ma montée. Je m’assieds sur un rocher et j’admire la vue époustouflante sur le fjord dont les eaux scintillent. Au loin, sur la mer qui moutonne, des îlots en ligne, de tailles variées, dessinent comme la colonne vertébrale d’un monstre marin. Un paysage calme et serein, idéal pour vous vider la tête. Sauf que je ne cherche pas à me vider l’esprit aujourd’hui. Au contraire. Je fais mon introspection, je récapitule le cours de ...
... ma vie. Mon enfance calme et heureuse auprès de parents unis et aimants, mon adolescence débridée où j’étais vu par tous comme un gentil boute-en-train au rire communicatif, blagueur et un peu fou-fou. Une exubérance qui ne m’avait pas empêché de prendre mon avenir à bras le corps. À dix-neuf ans, j’avais monté ma société : avec l’héritage de ma grand-mère, j’ai créé une SAS, acheté un dix tonnes d’occasion que j’ai transformé en camion-magasin. Avec cette épicerie-boulange-boucherie-quincaillerie-mercerie… ambulante, j’ai sillonné chaque matin les campagnes reculées, principalement vers les bourgades retirées des contreforts des Pyrénées, proposant mes produits et services divers à une clientèle souvent âgée, isolée et vite fidélisée. Mon affaire tournait bien et m’assurait un revenu tout à fait décent. C’est toujours le cas d’ailleurs. Dans l’année qui a suivi le lancement de mon activité, une fois que tout a été bien en place, la solitude a commencé à me peser. Seule ombre au tableau en effet dans mon existence routinière, l’absence d’une compagne. Mais voilà, le plaisantin volubile que j’étais perdait tous ses moyens dès qu’une fille l’intéressait vraiment. Plutôt beau gosse, je m’étais certes souvent laissé harponner en boîte par des chipies sans complexe, directes et très affamées. Oui, j’avais multiplié les aventures, histoires sans lendemain avec des filles qui ne correspondaient pas toujours physiquement et jamais intellectuellement à mon idéal féminin. J’en étais ...