1. L'évènement - muse et homme


    Datte: 16/02/2026, Catégories: fh, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe

    ... d’une telle précipitation(Hé-merde, encore une vorace, je pense, un peu déçu !). Pour échapper à sa bouche, je recule, maladroitement d’ailleurs, empêtré que je suis par mon jean et mon slip tombés sur mes chevilles.
    
    — Mais enfin ! je bafouille.
    — Quoi ? Tu n’veux pas ?
    — Mais non – enfin si ! Mais… t’as un train à prendre ? Enfin quoi… je… ! Je… (je ne sais pas trop quoi dire !). Je n’connais même pas ton prénom !
    — Oh oui merde ! Aucun élevage, la meuf ! Lespré-sen-ta-tions ! répond-elle en se relevant.Sorry ! Bon, moi c’est… Lina !
    
    Vu son hésitation en fin de phrase, j’imagine que c’est le premier prénom qui lui est venu à l’esprit !
    
    — Lina ? OK, on va faire avec ça ! je réplique avec une moue sceptique.
    — Quoi, tu m’crois pas ? Bon, mon prénom complet, c’est An-gé-li-na mais tout le monde m’appelle Lina. Pigé ? Et toi alors ?
    — Moi, c’est Jules ! Pour de vrai !
    — Bien, voilà une bonne chose de faite ! dit-elle sur un ton sarcastique. Et alors… on fait quoi maintenant ? On enfile des perles, me demande-t-elle en faisant balancer celles de sa jupe ! Ou alors… t’as des dominos dans tes poches ? À moins que tu ne veuilles prendre une raclée au scrabble, bien que je doute pouvoir trouver ce jeu ici !
    
    De peur de passer pour un blaireau, je quitte mes pompes, me débarrasse de mes jeans et chaussettes. Je me retrouve donc à moitié nu face à elle, flamberge dressée… en me demandant si je ne suis pas encore plus couillon que si je m’étais rhabillé. Mais ...
    ... bon…
    
    — Écoute Lina, je me doute bien que ce genre d’établissement n’est guère propice aux grandes envolées lyriques et romantiques. Mais… un minimum tout de même ! Tu vois, par exemple… un petit câlin et des papouilles. Et puis en fait, j’adorerais, d’abord, connaître le goût de ta bouche. Mais peut-être qu’en ces circonstances, tu n’embrasses pas…
    — Mais d’où il sort, celui-là ? Non mais (Lina prend un ton moqueur et me singe avec outrance)guère propice aux envolées lyriques… le goût de ta boûûûche… les cir-con-stances…
    — Ben oui, j’suis comme ça ! On n’se refait pas !
    
    Je suis à deux doigts d’être agacé ! Si elle n’était pas aussi canon…
    
    — Quel drôle de mec tu fais !
    
    Elle me fixe un instant, un peu ahurie, puis, prenant un ton théâtral, elle me débite, moqueuse :
    
    — Apprenez, Monsignor, que vos souhaits et tournures ne me déplaisent nullement et je vous prie d’accepter mes plus plates excuses pour avoir, insupportable catin que je suis, si promptement tiré de son fourreau votre vaillante épée pour l’emboucher derechef !
    
    Aussi surpris qu’amusé par la tirade, j’en reste baba et retrouve le sourire ! Sacrée nana ! Je me casse en deux, lui prends la main où je dépose un minuscule bécot.
    
    Lina en reste comme deux ronds de flans, fixe le dos de sa main restée en l’air, scrute mon visage et paraît se poser des questions. Je ne sais pas quelles réponses elle se fait alors mais je la vois se métamorphoser totalement : elle abandonne sa mine moqueuse pour afficher un air ...
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