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La légende de Montclair - Partie 2
Datte: 11/02/2026, Catégories: A dormir debout, Auteur: CDuvert, Source: Hds
... ouverte, trouvant une chemise élimée. Soudain, un bruit de pas lourds. Une silhouette surgit de l’obscurité, une épée à la main. Un homme jeune, vêtu d’une tunique de laine et d’un mantel de voyage, les fixe avec un mélange de surprise et de méfiance. Ses yeux s’écarquillent en voyant leurs corps nus, à peine dissimulés par les étoffes qu’elles serrent contre elles. « Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici ? » demande-t-il d’une voix ferme, son arme légèrement levée. Son accent trahit un homme de la région, peut-être un marchand itinérant. Alysande et Isabelle se figent, terrifiées. Leurs expériences récentes leur font craindre le pire. Elles s’attendent à de nouveaux sévices, à être saisies et violentées une fois encore. Leurs cœurs battent à tout rompre. Isabelle tremble, laissant tomber la cape qu’elle tenait. Alysande se place instinctivement devant elle, prête à protéger sa compagne, même sans arme. « Pitié, messire », balbutie Isabelle, sa voix brisée par la peur. « Nous ne sommes pas des voleuses par choix. Nous fuyons pour nos vies. » Le marchand fronce les sourcils, son regard passant de l’une à l’autre. Il abaisse légèrement son épée, mais reste sur ses gardes. « Expliquez-vous. Pourquoi êtes-vous dans cet état ? D’où venez-vous ? » Alysande prend une profonde inspiration, tentant de calmer sa panique. « Nous sommes des prisonnières évadées. Nous avons été capturées, enfermées, et... maltraitées par des pillards. Nous avons tout perdu, même nos ...
... vêtements. Nous ne cherchons qu’à survivre. » Isabelle renchérit, des larmes roulant sur ses joues. « Ils nous ont battues, humiliées. Nous avons risqué nos vies pour nous échapper. Nous vous supplions de nous aider, ou au moins de nous laisser partir. Nous ne voulons rien d’autre que la liberté. » Le jeune homme reste silencieux un instant, les observant attentivement. Il note leurs ecchymoses, leurs regards hantés, la terreur brute dans leurs voix. Son expression s’adoucit légèrement, bien que la méfiance persiste. Il range son épée dans son fourreau, mais garde une main près du pommeau. « Je ne suis pas un homme cruel », dit-il enfin. « Mais je ne suis pas non plus un sot. Si votre histoire est vraie, je ne vous ferai pas de mal. Prenez ces vêtements, couvrez-vous. Ensuite, nous parlerons. » Il leur désigne les étoffes qu’elles avaient saisies, puis s’éloigne de quelques pas pour s’asseoir près du feu, leur laissant un peu d’espace. Alysande et Isabelle s’empressent d’enfiler les tissus rêches – une cape pour l’une, une chemise trop grande pour l’autre. Elles s’approchent timidement du feu, attirées par la chaleur, mais restent à distance prudente. « Je m’appelle Étienne », dit-il, jetant une branche dans les flammes. « Je suis marchand, je transporte des étoffes et des outils entre les bourgs. Si vous dites vrai, je peux peut-être vous aider. Mais je veux toute la vérité. Où allez-vous ? Et pourquoi ces pillards vous traquent-ils ? » Alysande hésite, pesant ...