1. Un Flou dans la Machine


    Datte: 01/02/2026, Catégories: #poésie, #exercice, Humour #délire, #réflexion, #société, #initiatique, #personnages, Auteur: L'artiste, Source: Revebebe

    ... Zone D3 – Réception des cas à traitement flou », et pénétra dans une salle circulaire. Les murs étaient couverts de fiches aux titres fatigués : « Comment respirer administrativement », « Êtes-vous fatigué ou simplement français ».
    
    Une dame, vissée derrière un bureau, leva les yeux :
    
    — Nom, prénom, statut énergétique, niveau de désespoir estimé.
    — Ségurel Léon. Malsain par intermittence. Désespoir moyen haut, tendance philosophique.
    
    Elle tamponna un formulaire d’un geste las.
    
    — Très bien. Suivez le couloir des réflexions indéterminées. Deuxième porte à gauche après le distributeur de citations remixées de Confucius.
    
    Léon obéit. Les haut-parleurs susurraient :
    
    Il pénétra dans une pièce blanche où l’attendait un homme en blouse beige, lunettes opaques et sourire de fonctionnaire atteint de foi institutionnelle.
    
    — Bienvenue, monsieur Ségurel. Nous allons entamer votre protocole de réduction d’intensité vitale. Avez-vous signé votre consentement à l’indifférence ?
    — Oui, mais il était en braille inversé.
    — Parfait. Ça compte.
    
    On déposa devant lui une pile de dossiers, épaisse comme un roman russe sous anxiolytiques.
    
    — Nous avons prévu douze étapes : déclaration de fatigue, simulation d’espoir, rappel de réalité…
    — Stop, souffla Léon. Est-ce que je peux souffler un instant ?
    
    Le fonctionnaire secoua la tête, doucement, comme un métronome résigné.
    
    — Non, Léon. Ici, on documente la volonté de repos.
    
    Quelque chose craqua dans la conscience de ...
    ... Léon. Il se leva. Lentement. Comme un vieux fromage qui se dresse contre le frigo.
    
    (Comment Déserter sans Carte, ni Raison, ni Chaussures)
    
    Léon courait. Ses pieds tapaient sur le sol en linoléum administratif avec un bruit de tampons qui s’affolent. Derrière lui, des sirènes d’urgence beuglaient des phrases absurdes :
    
    Les murs changeaient. Sans prévenir. Ils semblaient vouloir l’engloutir à coups de logique tordue. Chaque tournant menait ailleurs. Une salle d’attente. Et encore une autre.
    
    Léon, haletant, trébucha sur une brochure intitulée « Accepter la souffrance : une opportunité managériale ». Il tenta de se relever, mais une voix douce et terrifiante résonna derrière lui.
    
    — Monsieur Ségurel… vous ne suivez pas la procédure. Vous compromettez votre prise en charge. Veuillez retourner à l’endroit où vous avez cessé de coopérer.
    
    Une femme lisse, sans traits distincts, s’avança. Elle portait une blouse blanche impeccable, sans pli, sans humanité. Sur son badge : Agent Harmonisation – Service de l’Obéissance Médicale Impliquée(acronyme : S. O. M. I.)
    
    Elle tendit la main.
    
    — Je suis là pour vous ramener vers une souffrance normée. Vous êtes en train de devenir… illisible.
    
    Il la fixa. Et quelque chose se produisit. Un frisson. Un craquement, sec comme une feuille d’automne. Une secousse minuscule dans l’air trop lisse. Il ouvrit la bouche et, au lieu de hurler, il récita d’une voix tremblante, mais claire :
    
    Je suis le bobo qui rêve,
    
    Le symptôme sans ...