1. Le Contrat - Chapitre 7: Le fil


    Datte: 20/01/2026, Catégories: BDSM / Fétichisme Auteur: Pelec, Source: Hds

    Le message tomba le jeudi, sans salut ni ponctuation superflue :
    
    Collants dès demain. 20 deniers noirs ou chair. Et tu iras t’habiller. Seul.
    
    Je restai quelques secondes à regarder l’écran, le téléphone lourd dans la main. La cage réagit la première, d’un petit tressaillement sec, comme si mon bas-ventre avait compris avant ma tête que la semaine se tendait d’un cran. J’avais appris à lire ces ordres comme des aiguillages : ils ne demandent pas d’avis, ils déplacent la voie.
    
    Le soir, chez elle, le salon avait retrouvé sa netteté glacée. Je me tins debout, mains croisées dans le dos, regard bas, attendant. Madame Stella entra sans un bruit. Tailleur sombre, chemisier fermé haut, la coupe rousse impeccable qui dessinait sa nuque et une frange asymétrique jetée en pointe. Elle s’arrêta à deux pas, m’emprisonna d’un seul regard, puis désigna du menton la commode où dormaient mes ensembles.
    
    — À partir de demain, tu porteras des collants. Tous les jours. En plus du reste.
    
    — Oui, Madame.
    
    — Tu iras acheter jupe, chemisier, robe simple. Lignes droites. Rien de vulgaire. Et tu diras que c’est pour toi. Tu regarderas la personne en face quand tu le diras. Je peux contrôler quand je veux.
    
    La phrase entra dans ma poitrine comme une clé dans une serrure. J’aquiesçai. Ma gorge, sèche depuis des jours, laissa pourtant sortir une question qui n’aurait jamais dû naître.
    
    — Madame… est-ce qu’il serait possible… parfois… de retirer la cage ? Ne serait-ce que—
    
    La gifle ...
    ... coupa net le verbe. Chaleur, lumière blanche dans la tempe, puis ce silence qui suit l’éclair. Elle ne bougea pas d’un millimètre.
    
    — Non.
    
    Un pas de plus, son talon trouva la cage, appuya juste assez pour m’arracher un souffle. Son regard ne cligna pas.
    
    — Tu cesses d’y penser à voix haute.
    
    — Oui, Madame.
    
    — Va.
    
    La boutique sentait le carton neuf et la climatisation trop précise. J’y entrais avec la sensation d’avoir une consigne écrite au feutre sur le front. Portants espacés, coupes sobres, collants en boîtes rigides alignés au mur. Une vendeuse approcha, tailleur crème, chignon net, sourire professionnel.
    
    — Je peux vous aider ?
    
    Je retrouvai la phrase. Elle avait le poids d’une pierre.
    
    — C’est pour moi.
    
    Je la regardai droit. À ma surprise, son sourire se simplifia, sans ironie.
    
    — Bien sûr. Quels types de pièces ? Jupe droite ? Chemisier uni ? Robe tube ? Et pour les collants, vous partez sur du 20 deniers ?
    
    — Vingt deniers. Noirs… et chair. Une jupe noire. Un chemisier. Une robe simple.
    
    — Très bien. Si vous permettez, quelques mesures.
    
    Le mètre ruban courut sur mes hanches d’une caresse froide et neutre. Pendant qu’elle notait mentalement, j’eus la sensation d’un regard posé ailleurs, au fond de la boutique. Une femme s’était arrêtée près d’un portant, la trentaine élégante, tailleur gris perle, chignon lâche, bouche rouge exacte. Elle ne fixait rien, et pourtant sa présence me touchait. Quand la vendeuse m’indiqua les cabines, la femme ...
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