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Le club des désespérés
Datte: 23/11/2025, Catégories: #société, #romantisme, #lieuderencontre, fh, gros(ses), hotel, amour, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... sexuelle. — Pourquoi Antoine ? Je peux te parler de mes rêves, de mes couleurs préférées, de mon chat, si tu veux. — Si nous… Regardez-nous, nous marchons la main dans la main comme deux amoureux dans un film romantique et c’est peut-être une vraie histoire. Mais si je ne sais pas ce que vous pensez du sexe avec les hommes, j’ai du mal à imaginer la suite. — OK, cowboy, match nul. Eh bien, ma vie sexuelle est un immense malentendu ! J’étais une enfant et une adolescente bizarre, toujours perdue dans ses rêves, avec parfois des remarques saugrenues et les autres gosses m’évitaient. J’étais très solitaire et je ne m’en portais pas plus mal. À partir de quatorze, quinze ans, quand mes seins ont poussé comme des champignons toxiques, j’ai toujours eu des garçons qui me tournaient autour et quand je me suis retrouvée à l’université, j’ai accepté de coucher avec les moins stupides, mais cela n’a jamais fonctionné. J’ai mis longtemps à comprendre, plusieurs années. Je croyais que cela venait de moi ou que je choisissais mal mes partenaires. Et puis j’ai fini par comprendre comment cela fonctionnait. Les garçons qui me tournaient autour et lorgnaient mes gros nichons étaient les timides, les pas sûrs d’eux, les puceaux. Ils n’osaient pas draguer les jolies filles et se rabattaient sur la grosse qu’ils estimaient à leur portée. Ainsi, ils avaient l’impression de me faire une faveur en baisant. Ils entendaient que je les remercie, que j’accepte à peu près tout ce qui leur ...
... passait par la tête, que je sois gentille et soumise. Alors je me rebellais. Je n’avais aucune envie de remercier un amant qui ne m’avait pas fait jouir parce qu’en plus, c’était la plupart du temps des éjaculateurs précoces. Et la relation tournait court, avec la culpabilité qui va avec. Quand j’ai pris conscience de ce cycle infernal, j’ai dit stop. Puisque je suis une grosse moche, je ne baiserais plus et les choses seront plus simples. Voilà, c’est tout. Cela fait dix ans que je n’ai pas couché avec un homme et cela ne me manque pas plus que ça. — Alors, pourquoi vous inscrire aux cas désespérés ? Sofia se tourna vers Antoine et leva les yeux vers lui, car il était beaucoup plus grand qu’elle. — Je vais te réciter un de mes derniers poèmes que j’ai écrit en pensant à toi. Je l’ai ensuite brûlé dans mon poêle parce que je croyais que tu ne me rappellerais pas. Mais une fois écrit, un poème ne s’efface jamais, il reste en moi comme une pièce au fond de la tirelire. Ce poème disait : — Tu comprends ? Est-ce que tu veux être mon ami, Antoine ? La jeune femme ne sourit plus. Le pli marque son front et Antoine est à deux doigts d’y poser son index. — Qui veut être ami avec un salaud ? Mais oui, oui, j’ai terriblement besoin d’avoir une amie comme vous. Pourtant, nous devons être prudents, comme le petit campagnol de l’amour. Il ne faut surtout pas qu’on se fasse du mal et le sexe est destructeur des amitiés. Votre main dans la mienne me suffit, Sofia. Pas de sexe. — ...