1. Le frotteur du métro


    Datte: 31/07/2025, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Tamalou, Source: Hds

    J'ai heurté mon sac à main et le sac d'épicerie surchargé contre le comptoir de la cuisine. Mon énervement a augmenté d’un cran, comme le niveau des contrariétés qui s’accumulaient depuis ce matin. Cette journée d’infortunes diverses se poursuivait avec ce sac d’articles éclaté qui répandait son contenu sur le sol. Un cri de rage impuissante m’a échappé. Désarmée, j’ai essayé maladroitement de retenir mes oranges à prix réduit qui roulaient sur la surface lisse avant de s’écraser sur le sol dur. Le carton d'œufs frais cassés et la boîte de lait bosselée déversaient maintenant leur contenu, lentement mais sûrement, étalant les premières vagues de désolation.
    
    J'ai juré, tous les jurons que je connaissais, mais ce n'était pas assez, alors je les ai hurlés. C'était encore loin d'être suffisant pour la journée de merde que j'avais eue. J'ai donné des coups de pied rageurs et des claques aux armoires comme une démente, avant d'ajouter une nouvelle chose à ma liste de douleurs de la journée. Frapper du bois massif n’était pas une bonne idée, cela n’a fait que meurtrir mon corps et blesser ma dignité. J'étais au bord de la folie, prête à me lancer dans une crise de rage enfantine, lorsque mon mari, Jacques, m'a appelée depuis le salon voisin.
    
    « Chérie, tout va bien ? As-tu besoin de mon aide pour quelque chose de facile à faire ? »
    
    Je pouvais l'entendre se lever du canapé, ses pas lents s’approchaient. Il venait pour me calmer, intrigué et amusé par le chahut que j'avais ...
    ... causé. Si je n’avais pas été si furieuse, je me serais probablement sentie embarrassée en ce moment. Ce n'était pas dans mes habitudes de me comporter ainsi, j'étais plutôt calme et pondérée d’habitude, mais la coupe étant pleine, une folie destructrice s’emparait de moi.
    
    « Ne viens pas pour me faire chier. Je suis folle de rage. C’est vraiment une journée de merde », ai-je répondu, laissant mes émotions s’immiscer dans ma voix. J’ai essuyé mes larmes d’un revers de manche en reniflant fortement. J'étais à la maison maintenant, en sécurité, et je pouvais m’appuyer sur l’épaule protectrice de mon chéri.
    
    « Mon Dieu, Bérengère, que t’arrive-t-il ? » demanda Jacques, la voix pleine d'inquiétude.
    
    « Tout ! Surtout de la merde ! Toute la journée ! »
    
    En me voyant dans cet état-là, et le désastre dans la cuisine, son amusement s'était transformé en inquiétude, et il m’a prise dans ses bras, dans un geste câlin et protecteur. Il m’enlaça vigoureusement en me rassurant, et en me murmurant des mots tendres. J’avais un intense besoin de réconfort et de tendresse de la part de l’homme que je chérissais le plus au monde. Je me laissais aller contre son épaule protectrice. Je remplaçais ma frustration par la consolation de l’être aimé. Je m'effondrais complètement, en sanglotant de chaudes larmes qui souillaient la chemise de mon mari. Je suis restée longtemps dans ses bras, pendant qu’il cherchait à me consoler en embrassant mes cheveux, et en caressant mon dos et mes épaules.
    
    « ...
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