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Ne jamais désespérer
Datte: 06/04/2025, Catégories: fh, hplusag, jeunes, extracon, voisins, campagne, rencontre, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... Elle ne mangea rien et les laissa refroidir. — Je vous propose un programme, dis-je au bout d’un moment pour la faire réagir. Un : on va chez vous récupérer vos affaires personnelles ; deux : je vous accompagne chez le médecin à B… j’en profite pour faire quelques courses ; trois : on passe à la gendarmerie pour le dépôt de plainte. — Mais il est où, Thomas ? — On ne sait pas, sûrement loin d’ici, non ? Vous avez peur de lui, ou peur pour lui ? Là, pour la première fois depuis qu’elle était levée, elle se tourna vers moi pour me regarder. — Merci. Je ne pensais pas que vous pourriez me comprendre. J’ai tellement de mal moi-même. J’ai peur, je suis terrifiée à l’idée de le rencontrer, mais je ne voudrais pas qu’il aille en prison à cause de moi. — S’il va en prison, ce ne sera pas à cause de vous. Vous êtes la victime, Lucie. Thomas est un grand garçon et il devra donc assumer ses actes. Et quand je vois dans quel état vous êtes, je pense qu’il mérite d’être puni. Nous suivîmes mon programme. Nous ne vîmes aucune trace de son agresseur. En revanche, les autres colocataires qui étaient tous à une fête la veille, entourèrent ma protégée un grand moment, incrédules de la scène qu’elle racontait« Thomas ? Le Thomas qu’on connaît ? », voulant qu’elle reprenne sa chambre et reste avec eux, au point que je me sentis idiot d’être là au milieu avec personne qui ne faisait attention à moi. Finalement, elle repartit avec moi et nous nous retrouvâmes à la maison, ...
... épuisés, trois heures plus tard. Lucie avait une ITT de cinq jours, la plainte fut acceptée et la copine du nounours promit une ronde au village pendant les jours qui venaient. Quand nous rentrâmes, La jeune femme se pelotonna à nouveau sur le canapé pendant que je préparais un repas qu’elle ne mangea pas. Elle monta à l’étage faire la sieste et je sortis dans le jardin prendre l’air. Nous étions tout au début du printemps et il y avait beaucoup à faire. Pour commencer, je voulais débarrasser le coin des violettes et des primevères qui fleurissaient déjà de toutes les feuilles mortes accumulées pendant l’hiver. Pendant que je ratissais, ma voisine sortit à son tour et m’interpella : — Salut Antoine ! Tu as vu que c’est Chicago, notre village ? — Salut. C’est quoi cette histoire de Chicago ? — Tu ne sais pas ? Les gendarmes ont passé la nuit dans le village à chercher un criminel ! Incroyable, non ? Un criminel dans ce petit village de rien du tout ? — Comment le sais-tu, Christine ? — Tout le monde en parle. Michel, l’ancien maire qui est insomniaque, les a vus errer dans les rues après minuit. Il a appelé la gendarmerie ce matin et on lui a dit qu’un délinquant avait fait du grabuge dans la nuit et qu’on le recherchait. À mon avis, il ne faut pas chercher ailleurs, c’est encore un problème avec la coloc. Ces jeunes, ils boivent, ils se droguent, et forcément, ça finit mal. C’était vrai en l’occurrence. Elle avait raison, mais ça m’agaçait alors je lui démontrais qu’il ...