1. Réfugiées


    Datte: 30/03/2025, Catégories: fh, pénétratio, init, journal, mélo, initiat, Auteur: Loaou, Source: Revebebe

    ... quoi faire, mais il finit par refermer ses bras autour de moi. Je ferme les yeux. Il n’a pas l’odeur de Père, il est plus grand, mais je retrouve la même sensation et l’émotion me submerge. Je pleure en silence. On reste un long moment debout, je n’ai pas envie de m’écarter et encore moins qu’il me lâche. Je crois qu’il est aussi ému que moi.
    
    Je sèche mes larmes et annonce sans le regarder :
    
    — Rvala… Merci.
    — Merci ? demande-t-il d’une voix étonnée.
    — Pour serrer moi dans tes bras. Ça manque trop. C’est privilège de lui, j’ai impression être avec lui.
    — Si j’avais su, je l’aurais fait plus tôt, sourit-il tristement.
    — Tu veux bien faire encore ?
    — Bien sûr !
    
    Je me fourre entre ses bras et il m’écrase les côtes. J’en fais autant. La magie n’est plus la même, mais je me sens fondre. Encore un long moment plus tard, passé le front appuyé contre lui, je me dégage, un peu perdue, hors du temps, à la fois heureuse et triste.
    
    — Alors, vous voulez bien ? demandé-je.
    — Remplacer ton père ? Non, je ne crois pas.
    — Non, aimer nous. Dušica, moi.
    — Peut-être, si ça te fait sourire comme maintenant.
    
    Mon sourire un peu tendu s’élargit d’un rien.
    
    — Alors on parle avec Sylviane et Mère. Elle aussi a besoin.
    — Oui, il faut qu’on en parle. Si Dušica a besoin de câlins, elle aussi peut en donner, et ce sera moins ambigu que moi.
    
    Je le laisse, songeuse, pour aller chercher « ambigu » que je ne connais pas.
    
    * * *
    
    Sylviane et Dušica ne tardent pas à revenir. ...
    ... C’est l’heure du thé, Franck les rejoint, puis Sofya. Pendant que le thé brûlant refroidit, Sylviane force Dušica à raconter leur sortie et corrige ses erreurs au fur et à mesure, parfois aidée par Sofya qui se réjouit « Ça, je sais ! » avant d’expliquer des détails en serbe.
    
    Puis Sofya discute un long moment avec sa mère, en phrases rapides dans leur langue pleine de « ch » et de « chtch ». Dušica fronce les sourcils, semble gronder sa fille, agite l’index levé, sous le regard amusé de Sylviane et Franck qui ne comprennent rien. Comme chaque fois, Sofya la regarde avec déférence, la tête un peu baissée, ce qui rappelle aux Français que leur relation, tout comme leur culture, est très différente de celle en Yougoslavie.
    
    Franck profite qu’elles sont occupées entre elles pour relater à Sylviane la demande du début d’après-midi et Sylviane sourit :
    
    — C’est assez logique, ou du moins prévisible.
    
    Dušica et Sofya finissent leur discussion (ou leur différend ?) et se tournent vers leurs hôtes et amis. Dušica s’excuse et demande si elles étaient concernées par l’échange : elle a bien compris qu’ils parlaient d’elles deux !
    
    Sylviane résume en quelques mots qu’elle considère Sofya comme la fille qu’elle n’a pas eue. Elle se lève en ouvrant les bras et Sofya n’attend pas l’autorisation de sa mère pour se jeter dedans. Quand elle lâche Sylviane, elle tire la main de sa mère qui la remplace, pendant que Sofya se serre contre Franck. Enfin, il a droit à l’étreinte de Dušica ...
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